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BIBLIOTHÈQUE DE L’ÉGLISE DE LYON AUX Xe ET XIe SIÈCLES 515

hypothèse, il resterait au moins fort vraisemblable que ses livres ont été laissés par lui à son église, comme le prévôt Mannon a offert à Saint-Oyan ceux qui lui appartenaient en propre et dont plusieurs sont sortis du scriptorium lyonnais. Mais nous pouvons tenir pour certain que Florus, s’il possédait peut-être une collection particulière, utilisait aussi les ressources de la bibliothèque de son église. Parmi les 1 2 3 4 manuscrits qu’il a marqués ou corrigés, figurent en effet des volumes qui ont été donnés à l’église de Lyon par Leidrade 1 et par Agobard 2.

Les abondantes ressources en livres qu’offrait la collection formée près de l’église lyonnaise attiraient au IXe siècle ceux qui voulaient s’instruire. C’est à Lyon qu’Adon se retira pour y étudier (discendi gratia)^ et c’est là qu’il a composé son Martyrologe 3.

Après cette période de floraison des études et de développement de la bibliothèque de l’église de Lyon, il semble qu’un arrêt se soit produit dans l’enrichissement de la collection de livres. Du moins, il ne subsiste pas de manuscrits lyonnais du Xe et du XIe siècle, en dehors d’un Sacramentaire du XIe siècle 4. Toutefois, nous savons que l’archevêque Guy, au Xe siècle, a donné à son église deux Psautiers, dont l’un en grec 5. L’archevêque Hugues, mort en 1106 a donné un Sacramentaire avec lettres d’or, un texte des Évangiles et un texte des Épîtres, ainsi qu’un Ordo episcopalis, deux Missels et cinq Benedictionales 6, et soixante huit autres ouvrages ou volumes 7. Si au Xe siècle, Maïeul vient achever son éducation à Lyon, auprès d’un maître qui enseigne au monastère de l’Ile Barbe, si Odilon célèbre la cité, qui est encore en son temps le siège de la philosophie 8, c’est que les livres y abondent comme les maîtres.

L’église lyonnaise a été particulièrement sans doute bien pourvue en textes scripturaires. Il semble que la cité ait

1. B. Lyon, mss. 608, 610, cf. Tafel, n«s 7 et 12, P. IV, p. 46.

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