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COMPOSITION DE LA BIBLIOTHÈQUE LYONNAISE
accueilli au VIIIe siècle des réfugiés espagnols et c’est par eux sans doute que le texte espagnol des Livres Saints y a été connu 1. D’Italie était probablement venu déjà au IXe siècle à Lyon le célèbre Codex que Bèze y a trouvé au XVIe siècle 2. Il est prouvé qu’Adon, dans son Martyrologe a emprunté des leçons à ce manuscrit 3.
Dans le trésor de l’église figurait sans doute alors un exemplaire des quatre Evangiles du IXe siècle avec initiales en or et en argent et qui rappelle la Bible de Charles le Chauve, dite de Saint-Denis 4. Un autre exemplaire des Évangiles, également du IXe siècle, qui a été plus tard propriété de l’église d’Autun, paraît avoir appartenu à cette époque à l’église de Lyon 5. De sa collection subsiste un Pentateuque du VIe siècle 6, des fragments en onciale de livres de l’Ancien Testament 7 et deux recueils exécutés au IXe siècle 8. On conserve aussi en provenance de cette église un Psautier du VIe siècle, avec des notes marginales du VIIIe siècle 9. Nous savons d’ailleurs que Florus a pu comparer plusieurs textes des psaumes, qu’il disposait du texte hébreu et de la traduction des Septante ; il donne à Eldrad, abbé de Novalèze, en vue de la transcription d’un nouveau Psautier, des conseils qui sont ceux d’un homme très averti10.
La bibliothèque de Lyon renfermait au IXe siècle une collection probablement unique d’ouvrages des Pères. De saint Augustin en particulier, elle possédait sans doute à peu près tout ce qui survivait de son œuvre en Gaule, comme le prouvent les extraits faits par Florus et par d’autres écrivains
1. Cf. Tafel, P. II, p. 69 ; P. IV, p. 64 ; S. Berger, H ist. Vulgate, 62.