‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 802 sur 1207 · Plus haut, p. 140 et n · texte numérisé non relu

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BIBLIOTHÈQUES ET a SCRIPTORIA » DE TOURAINE

Cette relative pauvreté des anciens fonds ecclésiastiques tourangeaux contraste avec le nombre important de manuscrits du même âge encore conservés, sortis des scriptoria de Touraine du VIe à la fin du XIe siècle. Ils sont plus de deux cents et pour un tiers richement enluminés L Mais si tant d’œuvres tourangelles de prix ont été sauvées, c’est précisément parce qu’elles ne sont pas restées à Tours et que, le plus souvent, sitôt exécutées, elles s’en sont allées enrichir d’autres bibliothèques 1 2. Les ravages des Normands, l’incendie de la cité de Tours, les désastres subis plus souvent encore par le monastère suburbain de Saint-Martin et par celui de Marmoutier ont anéanti sans doute, au cours des cinquante dernières années du IXe siècle et des premières du Xe, la plupart des livres que conservaient les églises tourangelles 3 et elles n’ont pu, au Xe et XIe siècles, que reconstituer partiellement leur bibliothèque.

Si un très grand nombre de manuscrits qui portent la marque de fabrique de l’école tourangelle n’ont pas appartenu aux collections formées à Tours, nous pouvons toutefois tenir pour certain que les ouvrages qu’ils renferment, figuraient dans la bibliothèque contiguë à l’atelier qui les a exécutés. De tous les ouvrages copiés à Saint-Martin, l’archétype était conservé parmi les livres du monastère et à supposer qu’un manuscrit emprunté soit la source des copies expédiées ailleurs, il n’est pas douteux que les scribes n’aient d’abord servi leur communauté et qu’une autre copie ne soit restée aux mains des religieux de Saint-Martin. La liste des ouvrages transcrits dans son scriptorium nous renseignent indirectement sur l’état de sa bibliothèque, aussi bien que celle des manuscrits qui proviennent certainement de celle-ci.

Il est aussi assez probable que les ouvrages que possédaient les bibliothèques de Marmoutier, Cormery, Saint-Julien, et de la cathédrale Saint-Gatien figuraient également dans celle de Saint-Martin. Nombre de livres possédés par les autres établissements de Touraine sont sortis, non pas de l’atelier

1. Kôhler, Die Karol. Miniat., I, Die Schule von Tours, p. 2, n. 1 ; M. Rand a décrit 226 mss. antérieurs au XIIe siècle, parmi lesquels un certain nombre sont influencés par l’école tourangelle, sans être sortis des ateliers de Touraine.

2. Kôhler, p. 11. C’est le cas surtout des Bibles dans la confection desquelles Tours exerce pendant une portion du IXe siècle une véritable primauté, cf. plus haut, p. 160-1.

3. Cf. Mabille, Les invasions des Normands dans la Loire et les pérégrinations du corps de saint Martin, B. Ec. chartes, 1869, p. 149 ; Vogel, Die Normannen und das frank. Reich., et Kôhler, p. 25-6.

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