LES ARTS LIBÉRAUX A SAINT-MARTIN DE TOURS
nellus que l’atelier a reproduits en série les autres ouvrages d’hagiographie au nombre de onze dont il subsiste des copies faites en Touraine 1 2, ont certainement aussi pris place dans la bibliothèque de Saint-Martin.
On pouvait lire au IXe siècle à Saint-Martin, à en juger par les copies sorties de l’atelier du monastère 3, Prudence, Lucain, Virgile, Ésope et peut-être Ovide et Térence 4, Suétone, Quinte Curce, une Décade de Tite-Live, des discours et la Rhétorique de Cicéron, le « De amicitia », le « De senectute », le Songe de Scipion et sans doute le Commentaire de Macrobe 5. Le « De oratore » qui possédait Cormery prieuré de Saint- Martin 6, se retrouvait sans doute aussi dans la bibliothèque du monastère chef. La grammaire était représentée par Donat, Priscien, Servius, Nonius Marcellus, Alcuin, la Cosmographie par Aethicus, l’Arithmétique par Boëce, la Musique par un traité de saint Augustin, et même l’Art culinaire par Apicius. Cette liste de manuscrits est loin sans doute de représenter tout ce que contenait la collection martinienne, soit à l’usage des lecteurs, soit à celui des copistes. Alcuin a probablement fait exécuter pour la bibliothèque du monastère ou sa propre collection une copie de Jordanès 7. Nous savons par Loup de Ferrières que le Commentaire de Boëce des Topiques de Cicéron figurait dans un manuscrit en -papyrus de Yarmarium de Saint-Martin 8.
De la collection des livres de Marmoutier subsistent un
1. Plus haut, p. 161. L’exemplaire qii’Adalbaldus a exécuté pour Frécégise a dû rester à S. Martin. Montfaucon ( B . B. II, 1339, n° 155) signalait à S. Martin un « Sulpicii Severi de vita s. Martini et libri Dialegcruin anncrum 700 », qu’il attribuait donc au X ou XIe siècle et qui ne doit pas être identifié avec l’œuvre d’Adalbaldus.