‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 804 sur 1207 · LIVRES DE PATRISTIQUE A SAINT-MARTIN DE TOURS · texte numérisé non relu

LIVRES DE PATRISTIQUE A SAINT-MARTIN DE TOURS

tionnaire du VIIIe ou IXe siècle1 et plusieurs Homéliaires 2. Il n’est pas douteux que le sacrarium de Saint-Martin n’ait été abondamment garni de nombreux autres exemplaires de Bibles, d’Évangiles, de Sacramentaires, d’Évangéliaires, de Psautiers et autres livres liturgiques.

Outre les manuscrits qui subsistent en provenance de la bibliothèque de Saint-Martin et qui renferment des ouvrages des Pères ou d’autres œuvres doctrinales plus récentes, la communauté a certainement retenu un ou plusieurs exemplaires de chacun des ouvrages au nombre de soixante-cinq dont subsistent des copies exécutées dans son scriptorium et qui ont passé en d’autres mains.

Nous savons ainsi que dans la bibliothèque de Saint-Martin figuraient au moins soixante-neuf manuscrits d’ouvrages théologiques3. D’autres, dont il ne subsiste pas de manuscrit conservé ou exécuté en Touraine, figuraient aussi sans doute dans la collection. Nous savons qu’Alcuin, quand il eut pris possession de l’abbaye de Saint-Martin, s’est proposé pour conjurer la disette relative de livres, de puiser à la source de la bibliothèque d’York. Il a fait sans doute de larges emprunts aux trésors de son pays d’origine. Deux manuscrits de saint Ambroise, le « De fide catholica » adressé à Gratien et le traité sur les prophètes Joël et Amos, appartenaient en son temps à l’armarium de saint Martin 4. Il les avait prêtés à Arn, comme il a prêté à Gisèle plusieurs ouvrages de Bède 5. Or ces ouvrages ne se retrouvent pas dans les manuscrits tourangeaux qui sont conservés. Ceux d’Alcuin, comme ceux de Bède, devaient figurer au complet dans la bibliothèque de son monastère.

Les ouvrages de droit que gardent huit manuscrits, sortis de l’atelier de Saint-Martin, ceux d’histoire religieuse 6 au nombre de cinq, plusieurs exemplaires, sans doute du Marti-

1. Un Lectionnaire du VIIIe ou IXe s. est décrit par Bréquigny, cf. Delisle, Mss. perdus, XX, p. 193-4.

2. Delisle en signale deux du IXe siècle (n° XX, p. 193-4 de la coll. Desnoyeret n° XXII, p. 196, B. N. 9603) et un du Xe, copie du premier (B. N. 960-1). 11 s’agit en réalité d’une collection d’Homélies d’Haimon d’Auxerre, d’une part, ce Paul Diacre d’autre part et le premier n’est pas, comme le croyait Delisle, une copie de l’Homéliaire d’Alcuin. Cf. Rand, n° 155-6, p. 177. Montfaueon (fî. B. II, 1337-8) signalait deux Homéliaires du IXe (n°a S5 et 122) et un autre du Xe (n° m).

3. Voir plus haut, p. 162, n. 1. Parmi eux figure un ms. de Denys l’Aréopagite. Montfaueon signale (n° 75, p. 1337) « Hilduini abbatis Areopagitica annorum 800 » et (n° 172, p. 1339) le livre de la Hiérarchie de Denys l’Areop., sans dater le ms.

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