INFLUENCE DE L’ART ANGLO-SAXON
cernent du XIe siècle qui fut donné au monastère de Jumièges 1. Ce monastère conservait encore au XVIIe siècle un exemplaire des Évangiles dont les plats de reliure avaient été couverts d’or, d'argent et de perles et qui avait été donné par Rainald, abbé de Bark-Shire. Le même monastère possédait aussi un Psautier apporté d'Angleterre vers la fin de l’an mil, avec des litanies où place était faite aux saints anglais 2. Saint-Wandrille était également en possession d’un Missel du XIe siècle exécuté à l’usage d’une église d’Angleterre 3.
Quelques-unes au moins des œuvres qu’a produites l’école d’enluminure qui s’est formée à Winchester ont certainement été importées sur le continent, en particulier dans la région voisine du détroit. On ne peut s’expliquer autrement l’influence qu’elle a exercée, en particulier à Saint-Bertin 4, au temps de l’abbé Otbert et pendant tout le XIe siècle. Il est vraisemblable que dans les monastères voisins du détroit on a possédé des manuscrits à peintures venus d’Angleterre et que peut-être le passage de moines anglais a contribué à implanter les formules adoptées par les artistes locaux.
§ 3. — L’apport de l’Italie.
Les Bénédictins et les paléographes du siècle dernier ont désigné sous le terme d’écriture lombardique des types d’écriture en usage au VIIIe et au début du IXe siècle dans
tionnaire de saint Æthelwald ; <f. Delisle, Cab. des mss., II, 446; Ane. Sacrant., p. 2x7, et John Gage, The Bened. of s. Æthelwood witk a description of ihe Bened. of archbishop Robert, Londres, 1832, in-40.
1. B. Rouen, ms. 274 (dit Missel de saint Guthlac). Une inscription rapporte qu’il a été donné au monastère, avec des pallia et autres ornamenta, par Robert, abbé de Jumièges, après qu’il fut devenu évêque de Londres (en 1044), (Vernier, Chartes de Jumièges, 23, p. 70). Le ms. paraît avoir été exécuté à Winchester ; ci. Delisle, Ane. sacrum., LXXXI, p. 220.
2. Montfaucon, Bibl. Bibl., cat. des livres de Jumièges, 6, 15, t. II, 1204-5 ; livres ecclés. de Jumièges, 10, p. 1216.
3. Montfaucon ; cat. des livres de S. Wandrille, III, t. II, p. 1195.
4. C’est le cas du Psautier enluminé par l’abbé Otbert, suivant le style de cette école (B. Boulogne, 20), de l Évangéliaire exécuté à S. Bertin à la même époque (ms. xi) et du ms. des vies des saints Bertin, Folquin, etc. (ms. 107). Cf. P. Hériot, Les mss. illustrés de la B. de Boulogne, dans Bull, comité flamand, 1934, p. 194-5.
5. Sur la « scriptura langobardica » d’après Mabillon, cf. Traube, Gesch. d. Palaeogr., dans V or les., t. I, publié par Lehmann, p. 25, et Perrona Scottorum, Vorles.,t. III, publié par Brandt, p. 97-8. Après Mabillon, l’écriture lombardique est signalée par Marténe ( Voy . littér., I, 91 ; II, 138), par Montfaucon (B. B. II, 1196). L. Delisle désigne encore une série de mss. comme exécutés en écriture lombardique (Cab. des mss., II, 11, 122).