ROLE DES LIVRES DE REICHENAU DRESSÉ PAR RÉGINBERT
Histoires ont été mises par lui à la disposition des moines ; il s'est réservé pour lui-même un certain nombre de livres ^.
Les renseignements que le chroniqueur a tirés du rotuliis qu'il avait sous les yeux, montrent comment par des dons, par des acquisitions, par l'exécution de manuscrits à Reichenau s'est formée la bibliothèque. Ils ne permettent pas d'en évaluer l'importance et la composition, le chroniqueur ayant de parti pris supprimé la nomenclature des livres pour ne garder que celle des noms des donateurs.
Mais nous conservons le contenu à peu près intégral d'un autre rotuliis composé avant le milieu du IX^ siècle par le moine Réginbert '^, scribe et maître réputé ^. Les documents rassemblés par lui ont le même objet que les notices qui figurè,ient sur le rotulus sans doute antérieur qu'utilisait Oheim. Il n'y a pas, semble-t-il, entière concordance entre les données des deux rôles ; elles ne se contredisent pas, elles se complètent. Les renseignements fournis par Réginbert sont naturellement plus précis, car nous disposons cette fois du document original et non de simples emprunts faits peu judicieusement parfois par un chroniqueur aux listes du premier rôle. Le second nous a conservé le texte de toute une série de listes d'ouvrages entrés dans la bibliothèque de Reichenau dans la première moitié du IX^ siècle.
Un premier Catalogue établit comment était composée la bibliothèque à la date de la huitième année de l'empereur Louis, c'est-à-dire en 821-822 et par conséquent au temps où commence l'abbatiat d'Erlebald. Cette liste dressée suivant un ordre méthodique et qui range les ouvrages par séries, comprend 415 articles ^. Ce Catalogue rassemblait, semble-t-il, tous les volumes acquis sous les précédents abbés depuis la fondation du monastère, à l'exception des livres qui étaient déjà perdus. Toutefois le texte, tel qu'il nous est parvenu, présente des lacunes dont témoigne l'absence de titres au début d'un certain nombre de séries qui peut-être comportaient
2. L'ensemble de ce rotulus ne nous est connu qpe par une copie faite par Jean Êgon vers 1630 qui l'a eu sous les yeux et qui l'attribue à Réginbert (cf. Lehniaun, p. 238-40), lequîl d'ailleurs se nomme en tête du dernier Catalogue du rôle (53, p. 258). C'est sans doute par inadv^ertance que Lehmann (p. 338) range parmi les listes renfermées dans ce rotulus le catalogue n" 54 de la 2^ partie du IX^ siècle.
3. Voir plus haut (p. 296, n. 2) l'éloge qu'en fait Walafrid Strabon.
4. Becker, 6, p. 4 ; Lehmann, 49, p. 244-52. Ce Catalogue nous est connu, non seulemsnt par la copie faite par Êgon du rotulus du IX"^ siècle, mais par une autre copie spâcials conservée dans un ms. du XV^ siècle provenant de Murbach (B.
Genève, lat. 21).