‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 1133 sur 1203 · LANGUES GRECQUE, HLBR ^ QUE, VULGAIRE · texte numérisé non relu

LANGUES GRECQUE, HLBR ^ QUE, VULGAIRE

ques bibliothèques, notamment à Fleury, à Saint-Denis, quelques mots en lettres grecques marquent non pas une culture hellénique, mais un certain pédantisme de quelques moines pseudo hellénisants ^. La connaissance du grec est trop rare, trop imparfaite ^, pour qu'une place sérieuse soit faite aux livres écrits en cette langue dans lés bibliothèques de France du Ville au Xlle siècle.

Il en est de même pour l'hébreu, rarement introduit dans ces bibliothèques par un Psautier ou un autre livre de l'Ancien Testament en langue hébraïque ^.

La langue vulgaire apparaît dans un certain nombre de manuscrits ; soit dans des vocabulaires et glossaires où des termes de la langue savante sont traduits en l'idiome populaire, soit sous la forme de textes rédigés dans la langue courante *.

En ce qui regarde les vocabulaires faisant place à celle-ci, ils étaient moins nécessaires là où elle reste proche du latin. Aussi en fait, on n'en rencontre pas dans les régions de langue romane ^. Il en était besoin au contraire dans les pays de langue allemande. De nombreuses gloses expliquant les mots latins par des termes germaniques se rencontrent dans un manuscrit de Prudence de la bibliothèque de Cologne. Ce 'manuscrit est du XP siècle, mais on trouve des gloses plus anciennes remontant au IX^ siècle dans un autre manuscrit de la même église ^. Les gloses du VIIP siècle de Reichenau et celles de Saint-Gall mettent simplement au regard de termes latins ceux' qui appartiennent à l'idiome populaire ou habillent en latin des mots que la langue ancienne ne connaissait pas '. Le glossaire du VIII^ siècle qui provient de Fulda ^

2. Sur la connaissance du grec à cette époque dans les églises et monastères d'Occident, cf. Ebersolt, Orient et Occident, p. 62-3.

3. Le Catal. de Corbie du XII^ s. indique une Genesis hebraica (136, art. 248, p. 283) ; celui de S. Martin en Pannonie, un psautier hébraïque (71, art. 71, p. 172).

4. Sur l'usage fait à cette époque de la langue romane, voir l'article de Thompson, The rotnance text of the Strassburg oaths, dans Spéculum, I, 1926, p. 410 et suiv.

5. Cf. F. Diez, Anciens glossaires romans, traduction d'A. Bauer, B. Ec. H. Et., f asc. 5, p. I.

6. B. cath. Cologne, ms. 81, gloses publiées par Jaffé Watt. Append. X, p. 112- 124 ; ms. 107 (IXe s.), gloses publiées Append. XV'I, p. 137.

7. op. cit., p. 3, 12-3. Voir sur ces gloses, plus haut, p. 734 et 756 et Brauer, Die Biicherei von S. Gallen und das althoch-deutsche Scriften, 81 et suiv. Brauer, loc. cit., évalue à 3900 pages le contenu en langue allemande des mss. de S. Galldu IX« au XI» siècle, dont 2.200 se rapportant à divers genres (auf zusammen hângende Litteratur), le reste consistant en gloses. Il estime (p. 88) que 20% du contenu de la ollection est en haut allemand.

8. Glossaire de Cassel, B. Cassel, cod. theol., 24, VIII« s, ou début IX* publié par Foerster et Kcschwitz, p. 38.

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