LANGUES ROMANE, TUDESQUE
rapprochait les mots romans des mots allemands et équivalait à un glossaire latin allemand ; une portion d'ailleurs en a pris strictement la forme ^.
Dans les bibliothèques de la Francia occidentale, les textes romans se rencontrent rarement à cette époque et plutôt sous la forme de pièces en langue vulgaire, insérées incidemment, dans des ouvrages écrits en latin, serments de Strasbourg dans l'Histoire de Nithard ou notes, gloses que portent des manuscrits lîitins. Nous ne trouvons qu'à Saint -Amand et à Clermont des manuscrits conservant des poèmes écrits en langue vulgaire à la fin du IX^ siècle ou au cours du X^. Au XI^ seulement se multiplient, particulièrement dans les églises normandes, les essais de ce genre 2. Exceptionnellement, est signalé à la fin du XI« siècle un « Psalterium gallicanum » ^.
Les textes de « vernacula lingua » tudesque, sont beaucoup plus abondants. Non seulement des gloses d'ancien allemand figurent dans des manuscrits de Reichenau, de Saint-Gall *, mais dans plusieurs établissements on trouve soit des Évangiles, soit un Psautier ^ en teuton, soit d'autres livres écrits tout entiers en cette langue ^. Quelques bibliothèques possèdent des « carmina theodiscae linguae » '. Un Catalogue de Reichenau précise qu'un manuscrit renferme des « carmina )>^ destinés à l'étude de la langue teutonne (addocendum theodiscam linguam) ^. Peut-être, pour la même raison, des livres écrits en cette langue se retrouvent-ils dans des monastères de pays romans. A Saint-Riquier, on a trouvé, en 831, une Passio domini en teuton ^. Il ne s'agissait évidemment pas de donner à l'école monastique d'un monastère occidental un enseignement grammatical de cette langue aux écoliers de l'intérieur ou de l'extérieur du cloître. Le livre était destiné
1. Cf. Diez, op. cit., p. 64 et suiv. Dans la dernière partie du glcssaire, ce sont des mots latins et non plus romans qui sont mis en regard des mots allemands.