COMMUNICATION ET PRÊT DES LIVRES
On peut se demander si, à cette époque, le local où sont gardés les livres est affecté aussi à la lecture et si, de même que le scriptorium abrite les scribes qui y trouvent sièges et pupitres, la bibliothèque est disposée pour accueillir clercs, moines ou étrangers qui désirent consulter quelque ouvrage. L'édifice ou le local qui abrite les livres paraît être peu spacieux ; celui « ubi libri custodiantur », pour lequel Alcuin a composé une inscription, est qualifié par lui de «parvulatecta». Smaragde appelle ce local une <( cellula » *. Si plus tard, les bibliothèques capitulaires et monastiques ont contenu sièges et tables, rien n'indique que tel était l'usage dans la période antérieure au Xlle siècle. Parfois peut-être, un livre est consulté sur place: « Cher ami, écrit le scribe Réginbert, songe
que précédemment «librorum ordo negligebatur, nec novi fiebant, nec ut decebat veteres corrigebantur » (Introd. au Catal. de la B. de Vendôme, Catal. B. Dépfs, III, p. 393). En 1145, à Saint- Père de Chartres, l'abbé Udo aurait constaté qu'il ne restait plus qu'un pçtit nombre de « corrosi tineis et pêne deleti vetustate libelli, sparsim per armarium hue illucque projecti » (Cart. S. Père, II, 395). Il décide en conséquence que chacun des officiers de chaque obédience paiera un cens à la bibliothèque, qui recueillera ainsi en tout 66 sous {îoc. cit.).