Voir plus haut, p
806 CHARTES ET DIPLOMES
crivent de placer l'acte sur le sépulcre du saint \ comme on voit ceux qui offrent des livres les déposer d'abord sur l'autel ; mais ce rite accompli, les premiers vont aux archives, comme les livres à la bibliothèque. Dans la formule d'un testament qui figure dans la collection à l'usage du monastère de Flavigny, le testateur ordonne simplement de mettre cette pièce en sûreté « in archivis basilice » -. A ces diplômes et chartes s'ajoute l'importante série des précaires, cessions de terres à cens, mainfermes, contrats de métayage, d'achats et d'échanges.
Toutes ces pièces sont considérées comme d'un grand prix, parce qu'elles définissent et garantissent la statut et l'avoir de l'église, établissent ses immunités et autres privilèges civils ou ecclésiastiques, fondent, confirment ou reconnaissent ses droits de propriété.
Aussi les papyrus anciens où sont consignés les préceptes des rois mérovingiens et les membranes de parchemin qui, à partir du Vllfe siècle, ont pris la place du papyrus et contiennent diplômes et chartes, font partie du mobilier précieux de l'église, de son ornatus et il en est pris le même soin que du contenu du trésor. Les moines de Saint-Vaast ont transporté à Beauvais, pour le dérober aux dévastations des Normands, tout Vornatus du monastère, c'est-à-dire le trésor, les livres et les chartes ^. Lorsqu'en 875, les moines de Saint- Philibert terminent leurs pérégrinations, en s' installant à Tournus, l'abbé Geilon s'y rend apportant avec lui les saintes reliques avec les confirmations royales des donations qui leur ont été faites (cum regalibus traditionum munimentis) *. Hincmar de Laon est accusé d'avoir emporté, avec les pièces les plus précieuses du trésor de son église, les ( praeceptaet strumenta chartarum de rébus ipsius ecclesiae » '".
Ces translations des pièces d'archives en ont parfois entraîné la perte ; ce fut le cas des chartes de Saint-Vaast consumées à Beauvais par un incendie en 886. Sur place, le feu dévore aussi les chartes du monastère ^. Mais la perte totale des
I. Dipl. du roi de Mercie, Offa du 12 Avril 790 : « Ego Nadelharius... ce manu "régis litteras has accipiens et mecum deportahs in Franriam super sepulchrvim s. inartyris Diunisii conservandas imperpetuum, jubente eo, posui » (Tardif,il/o)îMW. hist., 88, p. 68).
'2. Coll. Flavin., 8, Zeumer, Form., 476.