‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 144 sur 1203 · TRAITS PALÉOGRAPHIQUES DISTINCTIFS · texte numérisé non relu

TRAITS PALÉOGRAPHIQUES DISTINCTIFS

aussi par un scribe du continent formé par des maîtres irlandais ou anglo-saxons. Un établissement a pu même faire sienne habituellement cette écriture. Au monastère de Fu'da, les scribes au IX^ siècle pratiquent l'écriture anglo-saxonne ^. Dans un certain nombre de manuscrits exécutés par plusieurs copistes, l'écriture est suivant le changement de mains tantôt insulaire et tantôt continentale. En ce cas, le manuscrit a été vraisemblablement exécuté dans un monastère franc qui a particuHèrement subi des influences insulaires, comme Lorsch, Fulda, Reichenau, Saint-Gall et Corbie. Des indices, de cette sorte peuvent réduire le champ des recherches, créer des probabilités d'origine, mais ne suffisent pas à eux seuls à déterminer de quel scnptonum un manuscrit provient.

Au Ville et au début du IX^ siècle encore et jusqu'au temps où la minuscule Caroline prend indistinctement possession de tous les scriptoria, les types de minuscule continentale très différents les uns des autres fournissent d'importants éléments pour le classement des manuscrits et leur attribution à des ateliers déterminés. L'écriture dite de Luxeuil et l'écriture a z de Laon au VII^ siècle, l'écriture a b de Corbie au VIII^ siècle et au début du IX^ 2 constituent de sérieux indices de provenance ; toutefois ces types d'écriture ont pu être répandus dans plusieurs ateliers et ne créent parfois qu'une présomption en faveur de celui où certainement, ànotre connaissance, il a été pratiquédans plusieurs cas. L'écriture en usage à la fin du VIII^ siècle à Saint-Gall, à Saint-Benoît de Fleury, à Saint-Denis, à Reims, Cologne, Cambrai, Lyon présente aussi sans doute des particularités assez accusées pour permettre d'identifier l'ateher qui a produit les manuscrits où elles apparaissent ^.

Au cours du IX^ siècle, les ouvrages sortis certainement des scriptoria tourangeaux peuvent être facilement discernés. L'emploi abondant de la semi-onciale et la perfection où atteint la minuscule, telle qu'elle est exécutée à Saint-Martin, peuvent être presque considérés comme des marques de

I. Cf. rlus haut, p. 6v Loup de Ferrières formé à Fulda aurait adopté certains traits insulaires, qu'on retrouverait (Traube, Palaeogr.. Anz. dans A^. Archiv., 1901, p. 267, n. 2) dans les corrections du ms. 366 de Berne qui sont de sa main. Toutefois, M. Beeson (Lupus of. Ferr. as scribe) qui a étudié de très près le ms. entièrement autographe de Loup (Brit. Mus., Harl. 2736) ne note pas ces traits dans son écriture.

2. Voir plus loin l'étude de chacun de ces Scriptoria et celle de la technique de l'écriture, chap. 22 § i.

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