‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 147 sur 1203 · TÉMOIGNAGES DIRECTS D'ORIGINE · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGES DIRECTS D'ORIGINE

mais elle ne permet de localiser et de dater le livre que si ce personnage est connu par ailleurs, ou s'il prend soin de dire à quel établissement il appartient, ou enfin s'il l'indique par quelque signe indirect.

Les dédicaces ne suffisent pas non plus à déterminer le lieu d'exécution. Le nom d'un personnage bien connu auquel le livre est offert, date approximativement une œuvie, mais ne la localise pas nécessairement, car elle a pu être exécutée pour un roi dans chacun des scriptoria de ses États, pour un évéque ou un abbé dans un scriptorium autre que celui de l'établissement auquel il préside. Il faut que d'autres indices viennent renforcer celui-là.

Les manuscrits dédiés soit au prélat, soit au saint patron d'une église, quand ils sont écrits par un scribe, qui déclare être famulits de ce saint, ou de ce prélat, prêtre de cette église ou moine de ce monastère sont nécessairement sortis du scriptorium de l'église que ce saint protège ou que ce prélat gouverne. Les miniatures qui représentent le saint et parfois le scribe ou donateur qui en fait hommage, corroborent encore la provenance du livre.

Quelquefois, mais rarement, une note du scribe indique expressément où et à quelle date le manuscrit a été exécuté. Plus souvent, c'est seulement par les invocations pieuses à l'adresse du saint patron de l'église, par les actions de grâces offertes au prélat, par la mention de l'ordre qu'il a donné d'exécuter le livre que l'origine en est sûrement établie.

Ces données très diverses, d'une utilisation parfois délicate, qui ne créent souvent que des probabilités, sont pourtant assez multipliées pour jeter une lumière relativement abondante sur l'identité et l'activité d'un certain nombre de scriptoria ecclésiastiques et monastiques de ce temps. Quelques-uns peuvent revendiquer un lot important de manuscrits, tandis que l'origine graphique de la plupart des livres qui forment certaines bibliothèques, même bien garnies et bien connues, reste incertaine. Dans aucun cas, nous ne savons tout ce qu'un atelier a produit ; mais il est possible de déterminer une portion au moins du rendement d'un bon nombre de scriptoria. De chacun de ceux de l'ancienne Gaule, on essayera de retrouver la part du travail qu'à notre connaissance, souvent fort limitée, il a pu fournir. Nous les passerons en revue, suivant l'ordre géographique, par régions, mais aussi selon les affinités qu'ils présentent, par groupes, en rassemblant pour chacun d'eux la moisson ou la poussière de renseignements que nous possédons à leur sujet.

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