FLORUS ET LE « SCRIPTORIUM » LYONNAIS
contribution par ce dernier pour la mise au net et la transcription de ses ouvrages. C'est à Lyon que le diacre Florus a composé, fait écrire, ou éciit de sa main ses traités ^ poèmes ^ et lettres ^. Il pratiquait certainement lui-même l'art de l'écriture : « Je préférerais, déclare-t-il, me faire amputer des trois doigts qui serveni à écrire, plutôt que de confirmer par ma souscription les erreurs d'Amalaire » *. Au reste, il dirigeait surtout le travail des scribes, corrigeait et annotait de sa main les manuscrits qu'ils avaient exécutés ou ceux qu'il mettait en leurs mains pour les transcrire et en faire des extraits.
Les Collectanea de droit canonique de Florus ont été certainement composés d'après un manuscrit du Code théodosien en semi onciale qui subsiste encore ^. Les texte? qui en ont été extraits correspondent exactement aux passages marqués dans e manuscrit. Chacun de ces passages a été soigneusement corrigé et c'est le texte amendé qui est reproduit dans les Collectanea. On en peut conclure que le manuscrit en semi onciale du Code théodosien se trouvait à cette époque à Lyon, que les marques signalant les textes à transcrire ont été apposées, les corrections faites par Florus lui-même, préparant ainsi le travail de ses scribes. Le manuscrit nous livre par conséquent des exemplaires de
I. Pour VExpositioàe Florus siu- les Épîtrcs, voir plus loin, p. 1 12-3. Son De exposilione missae a été conservé dans un ms. du X" siècle de la bibliothèque de la reine Christine (Migne CXIX, 15), dont nous ignorons la provenance et qui est une copie déjà tardive du ms. original. Plusieurs mss. de son ouvrage contre Jean Scot sortent ^ tlirectenient ou indirectement du scriptoriiim lyonnais. Le ms. de la B. N. 2859 est proprement lyonnais, le,ms. de la B. du Vatican Rëgin. 240 procède de la tradition lyonnaise (cf. dom Wilmart, Un passage sauté de l'ouvrage de Florus contre J. Scot, dans la R. Bénùd., 1930, p. 372). L'auteur d'une lettre que dom Wilmart estime être Florus a envové à un évêque un « liliellus » relatif, serable-t-il, à l'affaire de Gottschalk (R. Bénéd., 1930, p. 154)- Ce libellus, s'il est de Florus, est sorti du scriptorium lyonnais. Là aussi sans doute a été écrite l'histoire composée par Florus pour l'éducation du jeune Charles sur l'ordre de l'impératrice Judith (scribere compulit) (Migne, CXIX, 424). Il en est de même du Martyrologe de Florus qui est perdu, mais qîi'Adon de Vienne déclare avoir utilisé (cf. dom Quentin, Le codex Bczac à Lyon, R. Bénéd. 1906, p. 2).
2. Les poèmes de Florus sont? conservés dans un nis. de Saint-Claude (B. N. lai. 2832) du IXe siècle, offert au sépulcre de saint Oyan par le prévôt Mannon, copie qui fut prise %Taisemblablement à Lyon sur l'original, et dans un autre ms. du IX'' siècle (lat. 7558) dont nous ignorons l'origine.
3. Dom Wilmart attribue à Florus une lettre qu'il a découverte dans le ms. latin 24 D du fonds de la Reine au Vatican (Une lettre sans adresse écrite vers le milieu du /A'e siècle, dans la R. Bénéd., 1930, p. 159) et qu'il a publiée (p. 154).
4. Épître adressée au concile- de Thionville : » très prius digitos quibus scribinius radicitus amputari veUem, quam errores hujusniodi nianns propriae subscriptione firmarem » (Migne, CXIX, 95).
5. B.Berlin, 85 (Phill. 1 745). Cf .Tafel, The Lyons Scriptonum Palaeogr. lat., H', p. 14.