‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 163 sur 1203 · FLORUS ET LE « SCRIPTORIUM » LYONNAIS · texte numérisé non relu

FLORUS ET LE « SCRIPTORIUM » LYONNAIS

l'écriture de Florus, caractérisée notamment par le k surmonté d'une apostrophe ^. Nous connaissons aussi, grâce à ce manuscrit, les signes par lesquels Florus indiquait aux scribes travaillant sous sa direction les extraits qu'il voulait faire prendre des manuscrits qu'il utilisait et corrigeait. Le plus caractéristique de ces signes consiste en deux traits, le plus souvent divergents, entre lesquels est apposé un point -. Ces signes et des corrections faites de la rnême main se retrouvent dans une vingtaine de manuscrits ^. On en doit conclure qu'ils ont été sinon tous écrits à Lyon, du moins corrigés là par la main de Florus, qui les a utilisés pour ses compositions.

Florus, comme l'évêque Amolon ^ et d'autres compilateurs lyonnais anonymes, ^ était coutumier de la méthode de composition qui consiste à assembler des extraits copiés sur ses indications par les scribes à son service. C'est ainsi qu'ont été composés les Collectanea de droit ecclésiastique dont le manuscrit subsiste. Dans la préface du « De actione missarum », Florus avertit le lecteur que l'opuscule est formé des verha des pères qu'il a colligés et mis en ordre ^. On lit en finale de son Commentaire des Épîtres de saint Paul un distique où il est dit que Florus de Lyon a recueilli « in unum » les dicta patrum '.

Si, comme il semble, s'est conservé le manuscrit original de

1. Cf. dom Wilmart, Fragm. carol. du fonds Baluze, dans R. Bénéd., 1931, p. iio.

2. ' It has a gap at the angle, and in the gap stands a dot » — « Of ten the word « angle » is insnitable, for the two strokes take the same direction » (Tafel, loc. cit.).

3. Tafel a retrouvé ces signes et corrections dans vingt-trois mss. : le codex Bezae à Cambridge ; les ms. en onciale et semi-onciale, Pâtis 11641 + Genève 16 + S. Petersbourg FIN i + Cambridge Add. 37; Lyon 443 -f Paris, nouv. acq. 1591 ; le papyrus, Paris 8913 ; les mss. du VI^ s., Lyon 478; 607 ; Berlin 159 ; Paris, 152 ; du VIP, Lyon 604 ; Berlin 83 et S. Petersbourg, Fv. II, 3 ; Paris 9550 ; du VHP, Lyon 600 -f Paris, nouv. acq. 446 ; du VIII-IX», Lyon 608 ; 610 ; du IX% L5^on 473 ; 475 ; 484 ; 603 ; 605 ; 6 06 ; 788 ; Paris 1622.; 2859. Voir aussi Lowe (Cod. Lugdun. anijquiss.,p. 10 et 14-5), qui observe toutefois que les mss. lyonnais ont dû avoir plusieurs annotateurs au IX^ siècle. Dom Wilmart a remarqué (Fragm. carol, p. 110) que des i°^ du ms. 270 du fonds Baluze de la B. N. s'ajustent au bifolium du ms. de Lyon 788, oîi se reconnaît la main de Florus.

4. Augustini sententiae de praedestinatione, Préface : « Augustini sententias, quas ex libris ejus studiose collectas et... salubriter ordinatas» (Migne, CXVI, col. 105-6).

5. Tels le ms. lyonnais 611 renfermant des extraits d'Augustin et de différents pères (cf. Tafel, p. 54), le recueil d'ouvTages de logique offert par Leidrade à son église (Lyon, B. des P. Maristes). Tafel (p. 54) soupçonne que l'Anthologie représentée par le ms. Regin. 2078 provient aussi de Lyon.

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