UN SEUL OU DEUX ADALBALDUS
après Alcain directeur de l'équipe des scribes et créateur de l'école calligraphique et picturale de Tours ^.
L'écriture des deux premiers manuscrits, signés de ce nom ou apparentés à ceux qui portent cette souscription, présente des différences sensibles au regard des derniers. Une autre manière apparaît avec le manuscrit qu'Adalbaldus déclare avoir exécuté sur l'ordre de l'abbé Frédégise.
Le nom d'Adalbaldus figure deux fois sur la liste des frères de Tours, une fois au n» 58 parmi les plus anciens, une autre fois au no 152 parmi les derniers venus. Puisque deux religieux portaient vers 820 ce nom, peut-être les livres signés « Adalbaldus » doivent-ils se répartir entre les deux homonymes, le plus âgé et le plus jeune, conformément aux différences d'écriture et de style ornemental qu'ils présentent^. Les Évangiles des Jacobins avec peut-être le « Martinellus » anonyme, mais d'écriture semblable, quoique un peu antérieure, seraient l'œuvre de l'aîné de ces religieux. Bien que placé au rang d'ancienneté en compagnie des scribes du Tite-Live, il pouvait être un peu plus jeune que ceux-ci. D'un certain âge déjà, il pratique pourtant le style calligraphique ^ et ornemental * des scribes plus jeunes Amalric et Gédéon, style qui appartient à l'époque dite alcuinienne.
Quant à l'Adalbaldus qui a exécuté le Paul 0;ose, les sermons de saint Augustin et, sur l'ordre de Frédégise, le Martinellus, sa manière appartient au point de vue graphique et ornemental, à la période suivante de l'art tourangeau et ces manuscrits n'ont pu être exécutés que dans les derniers temps de l'abbatiat de Frédégise. Il s'agit, croyons-nous, du second Adalbaldus plus jeune, celui du n^ 152, celui qui ne craint pas de se dire « artifex ». Il est peu vraisemblable qu'un scribe unique de ce nom, qui ne pourrait être que l'Adalbaldus du no 58 âgé déjà vers 820, comme le montre son rang, ait pu rompre plus tard encore avec le style qui lui était familier au