‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 229 sur 1203 · Cf. KôMer. Die Schule von Toura · texte numérisé non relu

Cf. KôMer. Die Schule von Toura

156 I^S SCRIBES AUDRADUS, DODALDUS

temps où il écrivait l'Évangile des Jacobins pour adopter encore une formule nouvelle ^.

Un Lectionnaire de Saint-Père de Chartres ^ et un manuscrit de saint Jérôme sur les Psaumes que Gilbert, évêque de Chartres (859-78) procura à son église ^, appartiennent l'un et l'autre par leurs initiales ornées et leur écriture au même style nouveau. Le premier est l'œuvre d'Audradus qui doit être identifié avec le visionnaire du nom d'Audradus Modicus, lequel, avant de devenir chorévêque de Sens, avait appartenu, écrit-il lui-même, au « grex sancti Martini » *. Son nom figure au numéro 54 de la liste des Confraternités. Il se peut qu'Audradus, entré jeune à Saint-Martin, se soit trouvé dans les rangs des religieux déjà anciens, qui ont copié le Tite Live, bien que, par l'écriture et le style, il appartienne aune génération nouvelle. Le manuscrit de saint Jérôme a été exécuté par Dodaldus, qui s'intitule clerc et scribe de Saint-Martin. Son nom figure sur la liste des religieux, mais parmi ceux des moins anciens, au numéro 161, voisin du rang qu'occupe le second Adalbaldus.

Nous connaissons aussi les noms d'un certain nombre de scribes, religieux de Saint-Martin, qui ne figurent pas dans la liste dressée au temps de l'abbé Frédégise. L'un d'eux, Hiltfrédus, a écrit et corrigé les cinquante-quatre premiers feuillets d'un exemplaire des Évangiles exécuté à Tours par quatre scribes différents. Il pratique la calHgraphie dite « mérovingienne embellie « qui caractérise la période alcuinienne et le style ornemental du manuscrit présente aussi les caractères de cette époque. Aussi on a conjecturé qu'Hiltfrédus

1. Telle était néanmoins l'opinion de S. Berger et tel est encore le sentiment de M. Rand. Suivant S. Berger (loc. cit.), un seul scribe du nom d' Adalbaldus, dont le talent s'est développé, a exécuté toute la série des mss. qui portent cette souscription. M. Rand, qui en 191 7 attribuait le ras. B. N. 17227 au i" Adalbaldus et le « Martinellus » de Quedlinburg au second (The Vatican Livy, p. m), n'est pas éloigné en 1931 (A supplément on Dodaldus, Spéculum, VI, p. 595) d'admettre que le même artiste a eu deux manières. Il se prononçait déjà dans ce sens en 1929 (A survey, p. 56-7 et 147) et tenait le Paul Orose pour la dernière en date de ses produf tiens.

2. B. Chartres, ms. 24 ; Rand, 74, p. 133 ; Cf. Wilmart, Le Lectionnaire de S. Père dans Spéculum, I, 1926, p. 272. Le nom d'Audradus figure dans les segments compris entre le cadre rectangulaire et le cadre circulaire qui se coupent autour du titre du Liber comitis. M. Kohler (p. 243) pense que ce nom pourrait être relui du propriétaire et non celui de l'artiste ; mais, comme le norn est inscrit peu visiblement, sur une bande du décor, il ne peut s'agir que du nom de l'artiste lui-même. Dom Wilmart maintient (Dodaldus, Spec. VI, 577, n. 2) qu'il s'agit de lui.

3. B. Chartres, ms. 3. Cf. Wilmart. Dodaldus clerc et scribe de S. Martin et Rand, A supplément on Dodaldus, dans Spéculum VI, 1931, 573-86 et 587-99.

4. Poetae lai., III, 741 ; cf. Wilmart, Le Lect. de S. Père, p. .275.

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