‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 240 sur 1203 · IMITATION DES MANUSCRITS TOURANGEAUX · texte numérisé non relu

IMITATION DES MANUSCRITS TOURANGEAUX

D'un bon nombre de manuscrits qui portent des marques de l'école de Tours, on ne saurait d'ailleuis affirmer qu'ils sont sortis des scyiptoria de Tour aine. En présence de maints manuscrits, on hésite non pas à reconnaître les traits évidents qui le-, rattachent au style tourangeau, mais à en attribuer la provenance aux scriptoria chefs d'école de Saint-Martin ou de Marmoutier ^. Les manuscrits tourangeaux en effet ont été très souvent imités ailleurs, avec plus ou moins de succès.

Parfois, sans doute, des spécimens étaient demandés à Tours, à dessein de servir de modèles à des copistes peu expérimentés. Le premier cahier d'un manuscrit du « De Trinitate » de saint Augustin ayant appartenu à l'église de Verceil a été écrit et décoré dans le style de la belle époque tourangelle. Le reste du manuscrit est l'œuvre de deux mains de scribes italiens, qui se sont appliqués à imiter grossièrement le style du premier cahier. Vraisemblablement, celui-ci a été exécuté à Tours pour être envoyé à Verceil à titre de modèle ^.

Les livres tourangeaux appréciés et répandus partout, passaient souvent de la bibliothèque de l'église qui les avait acquis dans son scriptorium, pour y être copiés dans le même style Deux manuscrits exécutés à Salzbourg au commencement du IX^ siècle portent la marque de modèles tourangeaux. Un recueil de canons est tout entier écrit en cursive améliorée, telle qu'on la pratiquait à Tours avant l'arrivée d'Alcuin. Un exemplaire de Sextius Rufus et d'Isidore est l'œuvre de sept scribes. Les deux premières mains pratiquent une minuscule irrégulière, les cinq autres la cursive améliorée tourangelle ^. Nous savons qu'Alcuin, en correspondance suivie avec hxa de Salzbourg, lui a prêté des livres appartenant à Varmarium de Saint-Martin et exécutés peut-être avant son arrivée à Tours *. Les scribes de Salzbourg ont travaillé sans doute d'après des modèles que l'archevêque tenait de son ami. Au sentiment d'un bon juge, deux autres manuscrits où apparaît la cursive améliorée que pratique l'atelier préal-

1. MM. Rand et Kôhler (op. cit.) font figurer dans les listes de mss. qu'ils étudient, un certain nombre de mss. appartenant à l'école de Tours, mais dont la provenance est douteuse. Ils ne sont pas toujours d'accord sur l'attributi )n et ont rlian^é parfois d'opinion au sujet de l'un ou l'autre ms.

2. B. Verceil CIX. Cette ingénieuse hypothèse a été formulée par doni Wilmart, Mss. de Tours identifiés, dans R. Bénéd., 1933, p. 162.

3. B. Vienne, 89 (Salz. 72) et 41 S (Salz. 266) ; cf. Jones, Two Salzhurg mss. and the influence of Tours, dans Spéculum, 1935, p. 289-91.

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