‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 249 sur 1203 · MANUSCRITS TOURANGEAUX NON DÉCORÉS · texte numérisé non relu

MANUSCRITS TOURANGEAUX NON DÉCORÉS

avoir été exécutés à Tours vers 830 ^. Il subsiste des fragments d'une Bible non décorée qui a dû être exécutée aussi vers cette date à Tours -^ et a sans doute appartenu au monastère de Reichenau. Un autre exemplaire des Évangiles a été écrit à Tours sans y être aucunement orné ; il a reçu toute sa décoration au X^ siècle seulement et à Metz ^. Si beaucoup de recueils, consacrés à l'histoire de saint Martin, sortis du script orium de Tours, sont soigneusement illustrés, d'autres n'ont pas été décorés.

Des copies des Pères et de recueils canoniques sont sorties aussi des scriptnyia de Tours, sans porter de traces du style ornemental de l'école, quoique avec tous ses caractères paléographiques. Parfois, à défaut d'une décoration ordonnée suivant ce style, un dessin est sorti de la fantaisie du scribe. Un exemplaire du traité de saint Augustin sur la Genèse qui appartint à Saint-Mesmin de Mic}^ mais a été exécuté à Tours, ne renferme aucun motif ornemental ; le scribe a pourtant introduit dans le texte un dessin à la plume représentant un prêtre qui administre le baptême *. Ce sont naturellement les ouvrages profanes qui le plus souvent n'ont reçu aucune décoration et ne peuvent être assignés au scriptorium de Tours qu'en raison des caractères paléographiques du manuscrit. Mais les artistes tourangeaux ont souvent aussi mis leur art au service des œuvres les plus profanes. Celles de Virgile, de Nonius Marcellus, de Boëce, d'Alcuin, et même l'art culinaire d'Apicius figurent parmi les beaux manuscrits à peintures de l'école tourangelle.

Le premier style ornemental de Tours, époque alcuinienne.

On a vu qu'Adalbaldus se qualifie lui-même d'artifex ^. Au scriptorium de Tours, travaillent, dès le commencement du IX^ siècle, des scribes qui sont en même temps des artistes. Leur équipe constitue dès lors une école ^. Celle-ci a pratiqué

1. B. s. Geneviève, ms. 1260. M. Rand ( How many leaves a tinte, p. 66) l'attribue au temps d'.\lcuin; M. Kôhler, {pp. cit., I, 93) estime qu'il peut être daté d'environ 830.

2. B. Berlin Hamilton 248, cf. Schôiie Handschr. der Preuss. StaatsB., 19-22 et Kôhler, II, 339.

3. Archiv zu Obermarchtal ; cf. Alban, Neuentdeckte Blàtter einer nnbek. Bibel von Tours, dans Zentralbl. B. wesens, 1931, p. 169-76.

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