‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 29 sur 1203 · ENLUMINURE ET CALLIGRAPHIE · texte numérisé non relu

ENLUMINURE ET CALLIGRAPHIE

dence ^ Il est sorti aussi exceptionnellement des scriptoria des monastères, en particulier de celm de Saint-Martm de Tours des manuscrits illustrés de traités d astronomie , d'arithmétique ^ de grammaire \ voire même de cuisme ^ et des poètes anciens, Ésope, Térence, Virgile .

Les manuscrits enluminés, souvent écrits en lettres d or, revêtus d'une riche rehure constituent aux yeux des contemporains des œuvres d'art de grand prix. On estimait qu elles honoraient et enrichissaient l'église qui les possédait autant que les plus magnifiques pièces d'orfèvrerie. Dans 1 epitre dédicatoire des Évangiles de Lothaire ^ il est dit que cet empereur a ordonné aux moines de Saint-Martm de fours de l'écrire et de l'orner d'or et de peintures pour être 1 honneur de cette église (decus ecclesiae). Mais si richement et artistement exécutée qu'elle soit, la décoration du manuscrit reste aux yeux du rédacteur de cette dédicace, un comple-, ment non pas l'œuvre principale, laquelle a consisté a écrire. La calligraphie à elle seule confère au cahier de parchemm une inestimable valeur.

trouvent dans un ..and nou.br. de ^^>^l-thèques ecclésiastiques^ Plu^^^^^^^^^ sédaient des exemplaires avec miniatures celle de S ^^^/.^ .^h-tj^s^^ siec le m Chartres n.s 29), celle de S. Trond, début XII>^ siècle (cf. J. Meurge%, i.ts pnncip. rnss. à peintures du Musée Condé à ChanHlly, Pans, 1930, P- 9-ii)-

1 Les poèmes de Prudence sont assez souvent illustrés d'après l'illustration primiîiv: E manuscrits antiques ; cf. SteUiner. 7.. '^'^'^'^^^^'r^i;;^:^ schriften. Il en est ainsi de trois manuscrits de Prudence provenan ^^"^. ^^^^^^ ^' de Saint- \inand et copiés l'un sur l'autre (B. BruxeUes, 9.987-91 ^:7^'^"'!~'

ôf B Un V. de Leyde. Ms. Burm Q. 3 ; rf A W. Byvanck. les pnnc^p mss. apcmi des Pays-Bas p 61-4) et du ms. provenant de S. Martial de Limoges Voss, oct. lo , B^^anck p '69). Parmi les livres de S. Cyr de Nevers figuraient ^eux exe^,pla.rerdela'-Sicomachia» de Prudence. ^^^^-^^'^'^^ ^^yf^i^l^^.f^^^'^Z livres de la cath. de Nevers ajouté au Xe ou XP siècle a la Bible d Heriman. Bnt. Mus Harl 2790, f» ^^^^ : Boutillier, Bull. Soc. Swern., 1890, P- 228).

2 Saint-Martial possédait un ms. illustré de l'Astronomie d'Hygm (B. Umv. Leyd' Voss lat., ocl 15). cf. ByVanck, p. 69-7.. Un traité d'astronomie illustre (B. Boulogne, ms. 188) appartenait à S. Bertin.

3. Arithmétique de Boëce, B. roy. Bamberg H.T IV. 12 ; Bomet, PL LVII ;

Kohler, Cat. 39- „, , • „

4 Nonius MarceUus (B. Univ. Leyde, Voss, fol. 7,, cf^Kol.ler, cat. 8 ; la graimnaure d'Alcuin que possédait S. GaU (Stiftsb., ms. 268 ; Kohler, cat. 2).

5 Apicius (B. Vatican., Urb. lat, 1146 ; Kohler, - at. 46).

fi' Saint Martial possédait un manuscrit illustré des fables d'Avianus et de celles d'Lpe aU ?ïst'onomie d'Hygin (plus haut, n. 2). D'HautyiUiers provient un mr d'Aratus dont les descriptions astronomiques sont accompagnées de figures Stées de dessins antiques (B. Univ. Leyde, Ms Voss, lat. Q- 79, cf. Byvanck p. 6.)^ Un ms. de la B. de Boulogne du Xe ^siècle a ete copie sur celm-la. Parmi les beaux manuscrits à peintures figurent le VirgUe exécute par Bernon a Tours (B Berne 165. Kohler, Cat. 26); les Comédies de. Térence, ^IXe siecl^. f- N- 1^^- 789.9 , cf. Omont Comédies de Térence, reproduction des mss. delà B.N.).

■ 7 b' N lat 266 publiée par Delisle, Mémoires sur l'écoje calligr.de Tours, p. 17.

22 LE PRIX DE l'Écriture

§ 4. — Le prix de l'écriture.

Ce n'est pas seulement une riche enveloppe ou l'ornementation intérieure du livre qui en fait le prix ; pour donner valeur aux feuilles de parchemin, il suffit des caractères qu'y trace le scribe, abstraction faite mêm-e de ce qu'ils signifient. L'art d'écrire, peu répandu encore au Ville siècle et même après la Renaissance Caroline, exige en effet une science, une adresse, une patience dont peu sont capables, même dans les églises et monastères.

A la vérité, les manuscrits de l'époque franque sont loin d'être comparables à ceux de l'époque classique, exécutés en capitale et onciale de confection impeccable. Aux VI^, VII^, Ville siècles, les scribes pratiquent encore gauchement la capitale, l'onciale, la minuscule antiques ; ils adoptent plus volontiers la semi-onciale que fait apparaître la combinaison des formes de l'onciale et de la minuscule ^. Mais le trait le plus caractéristique de l'époque franque en matière d'écriture a été l'envahissement du livre par la cursive, précédemment réservée aux rédactions épistolaires ^.

Cette écriture, qui est celle des chartes et des lettres de l'époque mérovingienne, en pénétrant dans le champ nouveau pour elle du livre, est devenue la semi-cursive. L'aspect irrégulier, les formes compliquées, les ligatures de la cursive mérovingienne en rendent difficile l'exécution comme la lecture. Le système d'abréviation emprunté aux écritures insulaires en complique encore la pratique.

Au cours du VHP siècle et dès le commencement de l'époque carohngienne, mais surtout à la faveur de l'impulsion donnée par Charlemagne à l'enseignement des lettres et à la reproduction correcte des textes, on travaille dans un certain nombre au moins de scriptoria de l'empire franc à régulariser, améliorer la technique de l'écriture du livre. Tandis que le plus souvent ^, les scribes des diplômes et des chartes de l'époque carolingienne restent fidèles aux formes traditionnelles de l'ancienne cursive, des initiatives heureuses modifient et perfectionnent sans cesse la semi-cursive des manuscrits.

1. Cf. Boûard, La question des origines de la minuscule Caroline, p. 72.

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