SCRIPTORIUM » DE SAINT-DENIS
Le scriptorium de Saint-Denis a certainement produit des livres à la fin du VHP ^ ou au début du IX^ siècle.
L'abbé de Saint-Denis, Fardulfus, entre 793 et 806, a ordonné de copier à l'usage de l'illustre martyr un traité de saint Jérôme qui est conservé'-. Deux manuscrits du même âge renferment une note signalant le don qui en a été fait à saint Denis par Sichelmus, qui paraît bien être un religieux du monastère, car il dit du saint qu'il est son domimis ^. Mais peutêtre, à la vérité, s'est-il procura ailleurs les livres qu'il offre à son maître.
Le scriptorium de Saint-Denis était dans la première moitié du IX^ siècle en relations avec des monastères, même lointains, qui recouraient aux bons offices de ses scribes. Il est rapporté de l'abbé de Reichenau, Erlebald (823-838), qu'il faisait écrire des livres pour lui à Saint-Denis *. Le même abbé prêtait à ce monastère des livres pour y être copiés. L'un de ceux qu'il a fait écrire à Reichenau a été envoyé par lui à Saint- Denis 5. En tête d'un manuscrit du IX^ siècle de Reichenau renfermant une Expositio super niissam, on lit « Haec a coenobio Dionisii venit » ^. Une note apposée sur un manuscrit de Saint-Gall signale qu'il est venu du monastère de Saint-Denis'. Un exemplaire de la passion de saint Denis (Gloriosae) appartenant à Saint-Gall et qui date des premières années du IX<^ siècle, a sans doute été copié à Saint-Denis même, sous l'abbatiat de Walton (806-814), qui a succédé à Fardulfus et qui avait été auparavant abbé de Saint-Gall ^.
Hincmar rapporte que, jeune moine, il a tenu la plume dans le scriptorium du monastère. Il aurait été chargé par son
1. Au XIII« siècle, Saint-Denis possédait le Sacramentaire dit « Missale Francorum ». exécuté semble-t-il entre 700 et 730 (B. Vatican. Regin. 257 ; cf. dom Wilmart, Le psautier de la Reine, p. 369, 373) ; niais il s'agit sans doute d'une acquisition relativement récente et ce ms. ne paraît pas. avoir été exécuté à Saint-Denis.
2. B. N. lat. 173 71 : « Pater Fardulfus abba transcribere rogavit ad opus inclyti mart>Tis Dyonisii » (Delisle, Cab. des mss., I, 202 ; cf. III, 240).
3. lat. 2095 et 2.792 : « Hunccodicem Sichelmus dédit domino suo sancto Dionisio » (Delisle, p. 201-2).
4. Chron. d'Oheim, rédigée d'après un rôle du IX« siècle (Lehmann, Mittelalteii. Bibliotheks Kaialoge Deutschlands, t. I, 48, p. 237).
5. « In Ezechielem Hieronymi posterior pars praestita est ad Dionysium » (Lehmann, 50, p. 254, 1- 4).
6. B. Bamberg, A II, 53. Cette indication a été transcrite par les scribes qui ont pris copie de ce ms. et se retrouve dans les mss. plus récents de S. Gall 446 et d'Einsiedeln 110. Cf. Lehmann, p. 223 et Migne, CXXXVIII, col. ii73-
7. Weidmann, 7, p. 19 ; cf. dom Leclercq, art. S. GaU, Dict. d'archéol. chrét., VI, 108.
8. Stiftsb. ms. 230 ; cf. Levillain, Etudes sur Vabbaye de S. Denis, dans B. Ec. dechartes, 1921, p. 6, n. I.