Walaf. Strab. cartn., 65, I, Poetae lat., II
LÉGENDE DE DENIS L'aRÉOPAGITE 207
même année, l'empereur Louis avait remis à Hilduin et à ses religieux ^. La version en a été faite, écrit l'empereur, par le zèle sagace d' Hilduin et le labeur des traducteurs -. On peut en conclure que le travail a été accompli sous sa direction par un certain nombre de collaborateurs. La comparaison du manuscrit en onciale envoyé par le basileus qui subsiste ^ avec la traduction d'Hilduin dont on conserve plusieurs copies *, a permis d'établir que l'œuvre a requis en effet plusieurs agents occupés à déchiffrer, traduire et transcrire en latin le texte grec '. Si cette hypothèse est exacte, Hilduin avait dû s'assurer la collaboration de moines grecs, empruntés peutêtre à un monastère romain ^. Le travail a été exécuté au scriptoriiim de Saint-Denis et vraisemblablement entre 832, date où Hilduin recouvre après sa disgrâce l'abbaye et se consacre désormais exclusivement au gouvernement de son monastère, et celle de 835, date où l'empereur le félicite de son travail.
C'est aussi Hilduin qui a composé la série des ouvrages qui mettent désormais en circulation la légende identifiant Denys l'Aréopagite avec le saint fondateur du monastère de Saint- Denis. Le Libellus antiquisshnus de la Passio de saint Denis en a constitué la première esquisse '. Hilduin l'a écrit, sans
1. Epist. var., 20, Epxst. Kar. aevi, III, 330 ; rf. Thcry, Etude!; dionys. ; /, Hilduin, traducteur de Denys, p. 5.
2. Epist. -car., 19 : « tuo sagaci studio interpretumque sudore » (p. 327).
3. B. N. grec 437 ; tf. Omont, Ms. des œuvres de S. Denys, dans R. Éludes grecques, 1904, p. 230-6 et Théry, op. cit., p. 63, n. r.
A. B.Bruxelles 903 (756-7) XV« s. ; B. N. lat. 15645, XII-'s. ; B. Boulogne-surmer 27 (32) XIF s. ; cf. Théry, p. 37-62.
5. Le R. P. Théry estime que la tâche a été répartie entre trois personnages ; l'un lisait à haute voix le texte grec qu'il déchiffrait, non sans quelque peine, car quoique écrit en onciale, le manuscrit ne comporte ni séparation des mots ni le plus souvent accentuation et on s'explique ainsi les nombreuses fautes de lecture (p. 101-121). Un second traduisait à l'audition, une traduction phonétique, au sentiment du P. Théry (p. 123-134), pomant seule expliquer des erreurs qui ne sont pas imputables à une mauvaise lectiu-e. Enfin un troisième remplissait les fonctions de copiste et transcrivait à la dictée la traduction faite par le second. Le P. Théry explique ainsi les doublets que présente le texte latin, le scribe écrivant la correction faite par le traducteur, sans supprimer toujours la première leçon dictée d'abord par celui-ci (P- 135-142).
6. Des moines byzantins d'un monastère romain fondé par Paul I et avec lequel Hilduin était entré en relations, auraient été les collaborateurs de ce dernier dans l'établissement de la légende qui identifie le premier évéque de Paris avec Denis l'Aréopagite ; ils auraient traduit les œu\Tes du pseudo Aréopagite et fabriqué de nombreuses pièces à l'appui de la légende (G. Théry, Etudes dionys. I, p. 134 et Communicat. à l'Acad. des Inscr., 5 oct. 34, C. R. des séances, 1934, p. 276-7).
7. Il ne subsiste plus à l'état indépendant, mais se retrouve en grande partie dans le Post beatam ac salutiferam ; Cf; L. LeviUain, Etudes sur .S.-Denis d l'époque mérov., dans B. Ec. Chartes. 1921, p. 30-40.