‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 306 sur 1203 · MANUSCRITS DE LUXE EXÉCUTÉS A SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

MANUSCRITS DE LUXE EXÉCUTÉS A SAINT-DENIS

subissaient-ils aussi l'influence des moine» grecs qui ont sans doute été les collaborateurs d'Hilduin. Des Grecs ont travaillé plus tard encore à Saint-Denis. En 1022, fut copié au scriptorium dionysien un office ecclésiastique grec ^.

Aussi, il est probable que le manuscrit d'âge carolingien de saint Ambroise, qui fut donné à Saint-Denis par le moine Audacrus et dont le copiste a inscrit en grec dans la dédicace le nom du saint ^ sort de cet atelier. L'emploi de caractères grecs est également un indice de l'exécution dans ce scriptoriiini du Sacramentaire dit de Saint-Denis et de la seconde Bible de Charles le Chauve.

Le Sacramentaire de Saint-Denis ^ a été certainement exécuté pour ce monastère. Il s'ouvre par le calendrier de Saint- Denis, qui renferme à trois reprises des fêtes de saint Denis. La mention du 9 octobre est faite en capitales rouges qui marquent équivalence avec la fête de Noël, seule signalée de la même manière. En outre, par deux fois, le nom de Denis est écrit en grec suivant une habitude érudite chère aux religieux du monastère soi-disant fondé par l'x^réopagite. Le Sacramentaire renferme les messes de la Vigile et de la Fête de saint Denis du 9 octobre, la messe « in veneratione » du saint et de ses compagnons, à l'exclusion de toute autre messe de saints du pays. Au « Libéra nos » du canon, le nom du saint et de ses compagnons suit seul celui de saint André *. Si le manuscrit avait été exécuté pour Saint-Denis dans le scriptorium d'une autre église, il semble que le Sanctoral laisserait apparaître quelques traces de cette origine étrangère. Il est certain que le livre a été fait pour Saint-Denis et vraisemblable qu'il a été exécuté en ce lieu même.

Aussi peut-on admettre comme également plausible l'exécution à Saint-Denis de la seconde Bible de Charies le Chauve ^ L'auteur de la dédicace insère dans son poème un vers en langue grecque ^, conformément aux habitudes dionysiennes. Il fait allusion à la perte que le roi Charles a faite de son fils Charles en 866 et au pardon qu'il a accordé à un cruel tyran,

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