‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 307 sur 1203 · SAINT-DENIS ET L'ÉCOLE FRANCO-SAXONNE · texte numérisé non relu

SAINT-DENIS ET L'ÉCOLE FRANCO-SAXONNE

que tous et même les siens déclaraient indigne de régner K II semble bien qu'il s'agisse de son fils rebelle Carloman. Venu à Saint-Denis pour y célébrer la fête du saint le 9 octobre 870, le roi consentit ce jour même, à la prière des missi du pape et de ses propres fidèles, à délivrer Carloman prisonnier à Senlis et à lui permettre d'habiter avec lui. C'est sans doute sous l'impression de l'événement survenu à Saint-Denis, que furent écrits les derniers vers du poème dédicatoire -. Un tel intérêt porté à la personne du roi et à sa famille s'explique de la part d'un poète et d'un artiste dionysien. Exécutée, semble-t-il, à Saint-Denis pour être offerte à Charles le Chauve, cette Bible, devenue l'une des Bibles du roi, est revenue sans doute à Saint-Denis, désigné par le roi pour recevoir après sa mort une part de sa bibliothèque ^.

Ces deux manuscrits richement enluminés, sortis suivant toute vraisemblance du scriptoriiim de Saint-Denis, témoignent que l'art de décorer les manuscrits y était cultivé dans la deuxième moitié du IX« siècle. L'un et l'autre appartiennent à l'école d'enluminure que l'on désigne d'ordinaire sous le nom d'école franco-saxonne *. Saint-Denis semble en avoir été l'un des foyers jusqu'aux environs de 867.

Vers cette date, se serait produit dans l'atelier de Saint- Denis un changement de style ^ Cette année là, Charles le Chauve décidait de retenir en ses mains le monastère dont il devint ainsi l'abbé « et où il fit dès lors, chaque année, des séjours réguliers et prolongés. On a conjecturé que Saint-Denis devint alors le siège de sa« librairie», laquelle aurait offert aux artistes de Saint-Denis des modèles de toutes les écoles et introduit dans leur style l'éclectisme qui le caractériserait

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