‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 311 sur 1203 · B. N. lat. 1152, cf. ^orey, p · texte numérisé non relu

B. N. lat. 1152, cf. ^orey, p

5. Parmi les objets soustraits par Eudes au trésor de S.Denis (cf. notre t. III, Les églises et trésors des églises, p. 160) figure un « Evangelium auro et gemmis optime paratum et intusauro scriptum », qui est très probablement le « Codex aureus ». Il a été sans doute donné par Eudes à .4rnoul,qui en fit présent aux moines de S. Emmeran. (cf. Hist. s. Emmerani, auctoreArnaldo, I. 5, SS, IV, 551)- Mention est faite du « codex aureus « à propos du prétendu transfert du corps de saint Denis a S. Emmeran relaté dans la Translatio écrite au XP siècle. Cf. Morey, p. 62.

6 Liuthard a écrit les 48 premiers feuillets du «Codex aureus», comme le montre la comparaison de l'écriture de ces folios avec ceUe du psautier de Charles le Chauve que Liuthard au f» 172 de ce ms. déclare avoir écrit jusqu'à la fin (hic calamus facto Liuthardi fine quievit). A partir du 49* feuiUet apparaît une autre mam, celle de Bérenger. Cf. Morey, p. 62.

marquent suffisamment que le manuscrit a été exécuté à Saint-Denis ^ là même où on le trouve tout d'abord.

Le Sacramentaire de Nonantola, dont l'ornementation ressemble à celle du « Codex aureus » et du Psautier de Charles le Chauve, présente aussi des caractères liturgiques qui désignent Saint-Denis comme lieu d'origine. En outre, une inscription marque que ce livre a été donné aux moines de Nonantola par Jean, évêque d'Arezzo. Celui-ci avait été envoyé en 876 comme légat du pape auprès de Charles le Chauve et fut reçu à Saint-Denis. Le roi lui fit sans doute à cette occasion présent de ces^ Évangiles, que l'évêque rapporta en Italie et qu'il offrit au monastère de Nonantola ^.

Le Sacramentaire qui provient, semble-t-il, de l'éghse de Metz ^ présente aussi les mêmes caractères ornementaux. On a conjecturé qu'il aurait été exécuté pour l'éghse de Metz à Saint-Denis, afin de commémorer le couronnement à Metz, en

869, de Charles le Chauve comme roi de Lorraine, cérémonie figurée peut-être par la miniature qui représente un souverain nimbé, sur la tête duquel la main de Dieu pose une couronne, avec à ses côtés deux évêques, également nimbés, dont l'un serait saint Arnoul et l'autre saint Rémi *. Le hvre de prières

1. Leidinger (op. cit.) attribue le m.%.2Mscriptonuin de Corbie.ea raison de l'inscription qu'il porte en tironiennes « Sancte Petre, intercède pro nobis ad Dominum » (cf. Traube, Varies., III, aSg) ; mais l'exécution du ms. à Corbie est rendue très improbable par la copie faite dans ce manuscrit des canons des Évangiles de Soissons.Hilduin,abbé de Saint- Médard, ayant occupé la charge dcbibliothecarius » de Charles le Chau\ e, on conçoit mieux que ces Évangiles aient été mis par lui en 870 à la disposition de scribes travaillant pour le roi à cette date à S. Denis. Cf. Morey, p. 63.

2. B. N. lat. 2292, cf. Friend, Two mss., p. 59. Il montre dans les pi. 3 et 4 l'identité du décor en feuilles d'acanthe dans les encadrements des f» 7 du ms. 1141 et f° 8 du ms. 2292.

3. B. N. 1141. Ce sacramentaire dont il ne subsiste qu'un certain nombre de feuillets est, suivant Delisle (Ane. sacrant., 33, p. 146) et Leroquais (Les sacrant., 13,. I, 35), d'une origine indéterminée. Le comte de Bastard (Peint, et orneni. des mss., pi. 196-8) croyait savoir que ce ms. avait appartenu jusqu'à la fin du XVIP siècle à l'église de Metz et en fait il provient de la collection Colbert. M. Friend (Two mss. of the school of S. Denis, dans Spéculum i, 1926, p. 59 et suiv.) et Morey {Lecture notes, p. 66) n'hésitent pas à lui donner le nom de sacj-amentaire de Metz.

4. Voir Friend, Two mss., fig. i. Suivant M. Friend (p. 65 et suiv.), l'exécution de ce sacramentaire aurait été commencée à Saint-Denis, au lendemain du couronnement de Metz. Le prince dont la tète est auréolée d'un nimbe ne peut être Charles lui-même ; il s'agirait de son ancêtre Clovis ; des deux archevêques, l'un en la personne de saint Rémi symboliserait l'archevêque de Reims, Hincmar, principal artisan du sacre de Metz, l'autre, saint Arnoul, ancêtre du roi, figurerait à la fois Adventius évêque de Metz, autre acteur en la cérémonie et le siège métropolitain de Trêves alors vacant auquel Hincmar fait allusion. La cité de Metz ayant échappé à Charles en

870, l'exécution du manuscrit aurait été arrêtée ; le livre n'aurait jamais compris que les 10 folios qui subsistent ; la bande prête sous la miniature à en recevoir la légende serait restée vide (p. 69). Voir la critique de cette interprétation par

de Charles le Chauve, apparenté par l'écriture comme par l'ornementation avec le Psautier exécuté par Liuthard, proviendrait aussi de l'atelier de Saint-Denis ^ Il en serait de même de la Bible de Saint- Paul, écrite par le scribe Ingobert et dont les images sont librement copiées sur celles de la Bible de Vivien. Comme tant d'autres productions du scriptorium dionysien, elle subit directement l'influence de l'école de Tours '^.

Au même groupe de manuscrits appartiennent encore les Évangiles de Noailles ^, ceux de Sainte Aure ^, ceux de Colbert 5, où apparaît le style éclectique qu'influencent à la fois l'école de Reims et l'école de Tours «. Il est permis deconjec-

M. Schramm, p. 476-7. M. Friend croit reconnaître en outre dans la scène de la Crucifixion (profil du soleil et de la lune et quatuor d'anges) l'influence de la lettre du pseutlo Denys à Polycarpe sur l'éclipsé qui accompagne la mort du Sauveiu- et du traité de la Hiérarchie célesre, traduits par Jean Scot à Saint- Denis. M. Schramm (N. Archiv., XLVII, 579) observe que l'argument tiré de la dérogation à l'usage iconographique par la place donnée au soleil et à la lune, dérogation qui serait due à la traduction, faite à S. Denis, du pseudoaréopagite par Jean Erigène en 858, ne vaut plus depuis que le P. Théry a signalé la traduction faite antérieurement par Hilduin dès aqant 840.

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