Cf. Morey, p
214 « SCRIPTORIUM ). DE SAINT-DENIS AUX X^ ET Xî^ SIÈCLES
turer qu'ils sont sortis du scriptoriiim de Saint-Denis, au cours de la période brillante et courte où, autour de la personne de Charles le Chauve, roi bibUophile par excellence, les scribes de son monastère favori produisent les chefs-d'œuvre de leur art qui cherche partout hbrement inspiration.
Le scriptorium de Saint-Denis, après la grande époque de la seconde moitié du IX^ siècle, est entré, semble-t-il, en décadence. Il a produit pourtant encore, aux X^ et XI^ siècles, des manuscrits dont quelques-uns sont d'une exécution soignée. Le Graduel, le Sacramentaire et le Lectionnaire, trois manuscrits du X^ siècle, distincts â l'origine, réunis plus tard en Missel et certainement composés à l'usage de Saint-Denis i, ont été peut-être aussi exécutés dans le scriptorium dionysien. Dans un manuscrit du XP siècle qui renferme les Actes des Apôtres, les Épitres et l'Apocalypse, le nom de « Dionysius Areopagita» dans les Actes est écrit en lettres rouges 2. Ce trait caractéristique permet d'attribuer l'exécution du manuscrit au scriptorium dionysien. Un Sacramentaire de Saint-Denis du Xfe siècle est illustré d'initiales à rinceaux et entrelacs, d'une initiale historiée et de peintures à pleine page ; il conserve aussi des restes de sa rehure en métal et ivoire ^. Il subsiste aussi un fragment d'un Sacramentaire de Saint- Denis du Xle siècle moins richement exécuté ^.
De l'existence d'un scriptorium à Saint-Maur des Fossés, nous avons un témoignage dans la composition du Polyptyque, dont un fragment a été transcrit au X^ siècle sur la Bible de Rorigon ^ qui n'a pas été rendue au monastère de Glanfeuil. Dans les premières années du XP siècle, Lantbertus, sur l'ordre de l'abbé Eudes, a consacré les trois derniers mois de l'année, en dépit du froid dont il a beaucoup souffert, à copier un traité de saint Augustin «. Un autre manuscrit a été transcrit à Saint-Maur en 1029 ou 1030 '. Les anciens livres