MANUSCRITS DÉCORÉS DE CORBIE
aureus de Saint-Emmeran \ comme dans plusiem-s manuscrits exécutés pour Charles le Chauve -. Toutefois, l'œuvre de Rodrade est loin de représenter un style aussi tranché que ces divers manuscrits. Elle paraît être plutôt un produit de l'école franco-saxonne, mais qui a été influencé par le nouvel art éclectique ^. Le seul manuscrit décoré d'initiales de ce style, dit Missel de saint Éloi, qui porte, comme le Sacramentaire de Rodrade, des m^arques certaines de provenance corbéienne, a été exécuté au Xe siècle et n'a été accommodé à l'usage de Corbie qu'au XP. C'est à cette époque seulement que furent ajoutés les cinq feuillets qui ne laissent aucun doute sur l'église à laquelle il fut appelé dès lors à servir *. Mais, on peut précisément en conclure que le Sacramentaire primitif, qui n'a aucun caractère corbéien, n'a pas été exécuté à Corbie.
On a fait honneur à l'atelier de Corbie des Évangiles de Saint-Emmeran, sur la foi d'une invocation à saint Pierre, que porte, en notes tironiennes, ce manuscrit de grand luxe ^. Cette marque de piété à l'égard du prince des Apôtres peut s'expliquer de la part d'un scribe, même s'il n'est pas au service de Saint-Pierre de Corbie •'. Ce manuscrit, dont Saint- Denis fut d'abord propriétaire, paraît plutôt avoir été exécuté dans l'atelier dionysien.
Il ne paraît donc pas étabH que Corbie ait été le siège de l'école éclectique qui se développe vers la fin du règne de Charles le Chauve et qu'on puisse attribuer à l'atelier de ce monastère, de préférence à celui de Saint-Denis, les manuscrits de luxe décorés suivant ce st3de '. Mais l'ateher corbéien a produit, semble-t-il, à toutes les époques des manuscrits décorés. Un Missel à l'usage de Corbie, exécuté au XI^ siècle, sans doute dans l'atelier du monastère, présente des encadrements à rmceaux et entrelacs, des initiales à entrelacs se. terminant en têtes d'animaux ^.