SCRIBES DE CORBIE DES VII'^ ET VIII" SIÈCLES
§ 3. — Les scribes de Corbie et leurs œuvres
Nous connaissons un certain nombre de personnages qui ont fait exécuter, ou pour lesquels ont été exécutés des livres au scriptorium de Corbie, ainsi que les noms de scribes qui y travaillèrent. En outre, m.aints manuscrits qui ne portent aucune souscription, mais qui sont ou certainement ou probablement sortis de cet atelier, ont subsisté et permettent d'en apprécier la grande activité.
Il produisait déjà au VII^ siècle. Des manuscrits exécutés en écriture de Luxeuil ou en cursive proprement corbéienne ont survécu, qui sont certainement sortis de l'atelier de Corbie ^.
Au Ville siècle, l'atelier, fréquenté à la fois par des angiosaxons et des scribes indigènes, a produit un très grand nombre de manuscrits, soit en onciale, soit en cursive, soit en une écriture qui combine les éléments semi-onciaux et semicursifs. Près d'une cmquantaine de volumes sont identifiés comme provenant de ce scriptorium 2. Le nombre des copistes a dû être considérable, car non seulement la main varie d'un manuscrit à l'autre, mais souvent, dans le même, plusieurs mains peuvent être distinguées. Un manuscrit du Ville siècle est l'œuvre de huit scribes ; on y reconnaît six mains insulaires, et deux indigènes". La Bible de Maurdramne présente au moins sept \'ariétés d'écritures *.
De deux abbés de Corbie, qui se sont succédé dans la deuxième moitié du MII^ siècle, nous savons qu'ils ont commandé du travail à l'atelier. Vers 760, Leutcharius a donné ordre d'exécuter l'exemplaire de saint Ambroise, écrit par un certain Ingreus qui, en un latin barbare, demande