‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 386 sur 1203 · SCRIPTORIUM » NOTRE-DAME DE REIMS · texte numérisé non relu

SCRIPTORIUM » NOTRE-DAME DE REIMS

des notes marginales, en écriture insulaire, de la main de Jean Scot ou de ses compagnons irlandais ^. Les exemplaires que possédaient les moines de Saint-Bertin de diverses productions rémoises du IX^ siècle, sont vraisemblablement des copies faites à Reims, que l'archevêque Foulques, abbé de Saint-Bertin, a procurées à cette communauté -. Un certain nombre de manuscrits du IX® ou du X^ siècle, portent des notes du même temps, signalant qu'ils ont été donnés à Notre Dame par des prêtres et chanoines ^, mais nous ignorons s'ils les ont fait exécuter à Reims.

Dans le scriptorium de l'église fut écrite aussi la correspondance des successeurs d'Hincmar, dont Flodoard a utilisé les minutes, comme il -l'a fait des lettres d'Hincmar. C'est au scriptorium de l'église, dont il était chanoine, entouré des manuscrits des œuvres d'Hincmar et de tous les documents conservés dans les archives de la cathédrale, qu'il a composé ses Annales et son Histoire. Un peu plus tard, Gerbert y a tenu la plume, au nom de l'archevêque Adalbéron et nous savons qu'il a procuré abondante alimentation à l'atelier rémois. Au temps où il séjourne à Bobbio, il charge le scolasticîts Airard, présent alors à Reims, de corriger un Pline, de recevoir et sans doute transcrire l'ouvrage d'Eugraphius et de faire copier les manuscrits qui sont à Orbais et Saint-Basle ^. Il invite l'archevêque Adalbéron à faire transcrire pour lui l'Histoire de Jules César ^. Lui-même, de retour à Reims, a composé un tableau de l'art de la rhétorique formé de vingt-six feuilles de parchemin cousues ensemble en deux rangs de treize feuilles ®.

1. Deux renferment l'ouvrage de Jean Scot « De divisione naturae » (B. Reims, ms. 875 et B. Bamberg, H J IV, 5), le troisième, un traité « De generatione divina » (B. Bamberg, Q VI, 32) ; cf. Lindsay, Notae lat., p. 446 et 478.

2. Le ms. du X» s. (B. S. Omet, ms. 706) des Annales Bertiniani, dont Hincmar est l'un des auteurs, aiurait été copié à Reims, ou d'après un ms. de Reims ; de même un ms. (B. S. Orner, ms. 764) renfermant la visio Karoli tertii, qu'un cl rc de Reims a composée en 887-8 ; cf. LevOlain, p. 93.

3. Une note contemporaine du ms. 118 du IX<= s., rapporte que le diacre Hincmar l'a donné à Etienne, lequel l'a doimé à Notre-Dame. Le ms. 391 du IX^ s. avait im « ex-libris » qui a été gratté. Odolricus prévôt et chanoine a donné, au X^ siècle, à Notre-Dame les mss. 15 et 103. A la même époque, Adam, prêtre et chanoine, a donné le ms. 129. Etienne a donné à Notre-Dame le ms. 875, Dajuvinus le ms. 126. Les fratres, c'est-à-dire le chapitre, devaient le ms. 130 à Probus. Ce donateiu:, qu'une pièce de vers, insérée dans le manuscrit, déclare supérieur à Virgile et Horace, est probablement le disciple de Raban Maur de ce nom, moine à Mayence (cf. Loriquet, p. 122). S'il est lui-même le copiste, l'ouvrage provient vraisemblablement d'un autre scriptorium que ceux du pays rémois.

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