‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 387 sur 1203 · SCRIPTORIUM » DE SAINT-REMI DE REIMS · texte numérisé non relu

SCRIPTORIUM » DE SAINT-REMI DE REIMS

Les renseignements sur l'activité du scriftormm rémois font défaut pour le XP siècle. On peut toutefois penser que le Bréviaire de Reims qui fut exécuté à cette époque l'a été près de l'église à l'usage duquel il était fait i.

Un scriftorium fonctionnait sans doute à Reims auprès de la cathédrale. Mais les archevêques disposaient certainement aussi de ceux des monastères de leur évêché. Les scribes y travaillaient à la fois pour le compte de l'archevêque ou de Notre Dame et pour celui de leur propre monastère. Un certain nombre au moins des manuscrits qu'ont fait exécuter Hincmar, ses successeurs et les autres pourvoyeurs de la bibliothèque de l'église de Reims, peuvent sortir de l'un ou l'autre de ces ateliers monastiques.

Un manuscrit du IX^ siècle renfermant le Commentaire de saint Augustin sur les Psaumes qui provenait de Saint-Remi et dont Mabillon a reproduit quelques lignes, a été exécuté sur le commandement de Wulfaire, abbé et archevêque ^. Un autre « codex », également utilisé par Mabillon, a été transcrit au monastère Saint-Remi, par précepte de l'abbé et archevêque Ebbon 3. Là aussi peut-être, fut exécuté un manuscrit hagiographique du IX^ siècle qui subsiste et que l'archevêque Hincmar a donné à Saint-Remi ^. Toutefois, un exemplaire des œuvres de Zenon de Vérone, donné également par Hincmar à ce monastère, paraît avoir été exécuté à une époque antérieure et pour une autre église ^ ; il ne sortait pas, par conséquent, du scriptorium de Saint-Remi.

Cet atelier a produit des ouvrages de luxe exécutés à l'usage du monastère. Tel, le Sacramentaire aujourd'hui

1. B. N. lat. 17991 ; cf. Leroquais, Les Bréviaires tnss., t. III, p. 349.

2. « ex praecepto piissimi abbatis Wolfarii et arèhiepiscopi, Erchanraa vero praeposito » (Mabillon, De re diplom., p. 362, tab. X).

3. « Hic codex conscriptus est in monasterio sancti Remigii, praecepto piissiûii abbatis Ebonis et archiepiscopi... Erchanrao vero preposito » (loc. cit.) .

4. B. N. lat. 5609. La note apposée sur le ms. est du IX ou X» siècle ; cf. Code» tnss. hagiogr., n" 413.

5. Les BaUerini ont fait coUationner ce ms. dans la B. de S. Rémi, en \ue de leur édition des œuvres de Zenon, et l'ont soigneusement décrit dans la préface reproduite par Migne (P. L. XI col., 14-7). Le ms. portait au commencement et à la fin, mention (col. 15) du don qu'en'avait fait Hincmar à S. Rémi. Les éditeurs font état de notes marginales ajoutées par une autre main, mais contemporaines et qui prouvent que le ms. a été utilisé dans une église épiscopale, vraisemblablement celle de Vérone, à en juger par diverses mentions que renferment ces notes. Le ms., d'après eux, daterait par conséquent d'une époque antérieure à Hincmar ot aurait été à l'usage de l'église de Vérone, avant que l'archevêque de Reims ait pu l'acquérir et en faire don à S. Rémi. Suivant Gottlieb (Ueber die mittelaUerl. B., p. 339), ce ms. serait conservé dans la B. de Reims. Le catalogue de cette bibliothèque n'en fait pas mention.

Page 1