LE « SCRIPTORIUM » DE COLOGNE A LA FIN DU IX^ SIÈCLE
et devant qui l'archevêque Gunther réclama son siège après sa déposition i. Une note insérée à la suite de cette relation recommande de la reproduire à plusieurs exemplaires (exemplari facite in aliis quaternionibus quam pluribus) et d'en envoyer le plus grand nombre possible de copies à Liutbert, évêque de Mayence et aux autres évêques. Un exemplaire sera expédié à Cologne (ad Coloniam unum exemplar dirigite) pour être mis aux mains des chanoines, afin que ceux-ci le fassent reproduire et l'envoient aux évêques. Le rédacteur de la note charge en particulier de ce soin Willibert, sans doute le futur archevêque, cinq autres personnages et tous ceux des fratres qui le voudront 2. Le chapitre de Cologne possédait donc à cette date un scriptorium bien équipé.
Un manuscrit de Vitruve, du IX^ siècle ^, paraît bien avoir été exécuté à Cologne, vers le milieu du siècle, comme l'indique la parenté de l'écriture avec celle d'autres manuscrits colonais de cette époque *. Le Vitruve se trouvait d'ailleurs, au début du XI^ siècle, à Saint-Pantaléon ^.
Nous ignorons si le manuscrit de saint Hilaire du IX® siècle, où est inscrite la note « Liber Williberti archiepiscopi ® », livre que l'archevêque de ce nom (871-890) a sans doute laissé à son église, et si la grande Bible du IX® siècle, donnée à Saint-Pierre par le pieux père Hériman, archevêque de Cologne de 890 à 925 ', sont des produits de l'atelier de Cologne. Mais il semble bien que là fut exécuté vers 895, le Sacramentaire où les Litanies renferment des prières pour « notre pontife Hériman, le roi Arnoul et l'Apostolique Formose » ^. Le Commentaire de saint Jérôme sur les petits prophètes ^, écrit au temps de l'archevêque Everger (985-999), sort sans doute aussi du même scriptorium. Un Lectionnaire du X^ siècle a été donné par le même archevêque. L'un des premiers feuillets porte la dédicace faite aux saints Pierre
1. Sur ce synode, cf. Dummler, Gesch. d. ostfrànk. Re-chfs, t. II (1887), p. 159- 140 et Hefele, Hist. des conc, éd. Leclerccj, IV, y. 374, n. i.