LE « SCRIPTORIUM » SAN-GALLOIS SOUS GRIMALD
par de nombreuses compositions en l'honneur des saints patrons du monastère ^.
Au temps de l'abbé Grimald (841-872), le scriptorium de Saint-Gall a bénéficié, sans doute, de la présence de lettrés, notamment d'Irlandais. L'évêque Marcus ^ et son neveu Marcellus Moengal, venus au monastère comme hôtes de passage, décidèrent d'y demeurer avec quelques domestiques de leur nation, avec leurs livres et leurs bagages de prix ; vraisemblablement, Marcellus, chargé avec Notker de la scola intérieure ^, exécuta ou fit exécuter d'autres manus-crits encore qui, sans doute, formèrent une part de la collection de " lihri scoitice scripti » dont un catalogue du même temps nous a conservé la liste *. Un Psautier gréco- latin du IX^ siècle, écrit par une main irlandaise, porte en regard du Psaume XXXI cette note : « Hue usque scripsi. Hic incipit ad Marcellum nunc ». Il semble bien que l'un des compagnons de Marcellus Moengal, s'étant arrêté à cette page, a passé la plume à Marcellus lui-même ^. Plusieurs chartes ont été écrites par Marcellus à Saint-Gall entre 853 et 865 ^. Ermenric, pendant un séjour à Saint-Gall, a rédigé un traité de grammaire qu'il dédie à l'abbé Grimald '.
L'atelier prend grande activité, grâce surtout au prévôt Hartmut, à qui Grimald laissait le soin du gouvernement du monastère et qui lui succéda comme abbé. La liste des ouvrages, dont Grimald a enrichi la bibliothèque, avec l'aide d'Hartmut, a été conservée ^. L'expression, qu'emploie le rédacteur du catalogue ( composuit ) et celle qu'adopte Ratpert en l'insérant dans l'histoire du monastère ( patravit ), donne à penser que ces livres ont été exécutés, sous leur direction, au scriptorium de Saint-Gall. Une autre liste a
1. Ermenric et Walafrid Strabon travail'ent à Reichenau ; mais le diacre Gozbert et Ison sont des religieux de Saint-Gall ; ibid., p. 1-58.
2. Marc l'Irlandais est signalé dans le catalogue des livres ayant appartenu personneUement à Grimald. Un psautier de cet abbé a été donné par lui à l'Irlandais Marc (Lehmann, 21, t. I, p. 89) ; au temps où le catalogue fut rédigé (881-95), le psautier était placé dans l'église. Il a sans doute été laissé par Marc, avec ses autres luTes, au monastère.
3. Ekkehardi casus s. Galli, SS, II, 78-9- , 4. Cf. plus haut, p. 54-