‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 484 sur 1203 · LES PALIMPSESTES · texte numérisé non relu

LES PALIMPSESTES

été répandu 1. Bien que la disparition, au VIIP, du papyrus rende les membranes indispensables pour les chartes, comme pour les manuscrits, la pratique du grattage est dès lors moins commune. Au reste, dans l'ancienne Gaule, le nombre relativement faible des livres anciens qui subsistaient, à l'heure où les atehers de scribes prenaient une nouvelle activité, ne permit guère de se procurer du parchemin par cette méthode. La plupart des « codices rescripti » que possédèrent les églises et monastères francs ont été récrits, avant l'époque carohngienne. On ne trouve trace de paHmpsestes, ni à Lyon ^, ni à Saint-Martin de Tours, ni à Saint-Denis. L'egHse d'Autun 2, les monastères de Luxeuil *, de Fleury ^ et de Corbie ^ en ont conservé chacun un ou deux seulement ; on n'en trouve que de rares exemplaires dans la Francia occidentale '. Les monastères de Wissembourg ^, de

1. Wattenbach, 306 ; Châtelain, Les palimpsestes îatins, dans Annuaire Ec. H, Études, 1904, p. 41.

2. M. Lowe (Codices Lugdun. antiquiss., p. 13) observe que l'église de Lyon était assez riche pour se passer de cette pratique.

3. Le «de capitalibus vitiis » de Cassien (B. Sém. Autun, 24) a été récrit au VI®' ou VII« siècle, sur des feuillets, qui avaient contenu des fragments de l'Histoire naturelle de Pline et des textes législatifs (Cf. Lindsay, Notae lat., p. 445 et Traube, op. cit. ,6, p. 172). Le ms. 21 fB N, nouv. acq. lat. 1628 renferme sous les Moralia de s. Grégoire des fragments d'Évangile en onciale (Traube, 3) ; cf. Châtelain, 105- 7, p. 38. Ce ms. provient aussi d'Autun.

4. C'est du moins en écriture de Luxeuil, qu'a été exécuté, au VIII« siècle, le ms. de Jérôme sur l'Ecclésiaste par dessus l'Hist. natur. de Pline (B. S. Paul Carinthie, 25 A 3, cf. Lindsay, Notae lat., 486 ; Châtelain, 72-3, p. 29). Le copiste du ms. du IX^ s. B. N. lat. 10863 en provenance de Luxeuil a utilisé des feuillets d'un Leetionnaire du VIP s. (Châtelain, 104, p. 37).

5. Des feuillets d'un SaUuste provenant de Fleury, l'un conserx'é à la B. de Berlin, et quelques-uns à Orléans (ms. 192 (169), f°^ 15-18 et f° 20) ont été recouverts par le Commentaire de saint Jérôme sur Isaie (Châtelain, PaUngr. class., p. 14, PI. LI, n. I, et p. 31, PI. LI A; Cuissart, Catal. B. Orléans, p. 91-2). De Fleury provient aussi le ms. du VIP s. B. N.lat. 6400 G du « De natura rerum « d'Isidore, dont les feuillets recouvrent des débris de deux mss. de textes scripturaires du VI« s. (Châtelain, Les palimps., 99-100, p. 36).

6. Dans le ms. B. N. lat. 12161, provenant de Corbie, le " de viris inlust. » a recouvert au VII ou VHP s. le « codex Theodos. », la « Lex Wisigoth. « et « Asper

n Virgilium » (Lindsay, p. 475 ; Châtelain, Paléogr. class., p. 22).

7. Il subsiste en palimpseste un fragment de l'Itinéraire d'Antonin sous un recueil de Décrétalesdansle ms. B. N.lat. 18248, provenant du Mont S. Quentin (Traube 217, p. 222 ; Châtelain, 101, p. 36). Le ms. du IX« s. lat. 4413 exécuté au monastère des Deux Jumeaux au diocèse de Baveux, est également palimpseste (Châtelain, 102, p. 36), ainsi que pour quelques feuillets le ms. 141 de l'École de méd. de Montpellier d'origine inconnue et le ms. 14 de la B. de Douai provenant de Marchiennes (Châtelain, 109-10, p. 38-9).

8. Le ms. de Wolfenbuttel 4148, Wiss. 64, renferme en palimpseste des fragments du Ve siècle de la traduction de la Bible par Ulphilas, en langue gothique et en onciale gothique, avec le texte latin sur la colonne qui fait face (PI. du f» 255 v» dans le Cat. d'Heidemann) ; des fragments du VP s., en onciale grecque, de Galien (de alimentorum facultatibus) ; des fragments de 2 Évangiles grecs du VP siècle ;

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