Vifa, 5, MabiUon, A. S., III, p
CHEF d'atelier ET SCRIBES EN APPRENTISSAGE 341
vail, qu'il a pu exécuter, grâce à ses leçons ^. Volontiers, il s'en remet à lui pour la correction de son travail et il l'en prie parfois instamment.
Le « custos ->•>, bibliothécaire, écolâtre, ou tout autre religieux, qui exerce la direction de l'atelier, est lui-même « scriptor )) et donne l'exemple à ses disciples. Notker, à Saint- Gall, estime qu'il eût manqué aux devoirs de sa charge, s'il n'avait pas rempli parfois la tâche du scribe. Les bibliothécaires de ce monastère tiennent, on l'a vu, école d'écriture. Parfois, le chef du scriptorium écrit quelques pages ou quelques lignes du manuscrit, qu'il abandonne ensuite à ses disciples ; ils s'attacheront à continuer le travail dans le même style. La main d'Hartmut alterne dans des manuscrits de Saint-Gall avec celle de ses élèves. L'écriture de Notker se reconnaît dans la première partie d'un manuscrit, puis celles de plusieurs scribes qui ont pris la suite du maître 2.
Parfois le directeur a remis à ses subordonnés un modèle pour la disposition des lignes et le tracé des caractères. A la fin d'un volume de la bibliothèque de Saint-Gall, deux feuillets sont conservés de l'écriture d'Hartmut ; ils constituent certainement un « exemplar n, préparé par le maître pour ses élèves en l'art de la calligraphie. On retrouve, en effet, à leur place dans le manuscrit, ces deux mêmes pages, transcrites ligne par ligne et lettre par lettre ^. Sur un manuscrit de la fin du IX^ siècle, deux lignes tracées par Notker constituaient aussi un modèle d'écriture ^. Ainsi se constituent, dans les scriftoria, des équipes de scribes formés à la même technique et des traditions d'ateliers.
Les modèles employés dans un atelier sont " sans doute communiqués aussi à d'autres. L'équipe d'un scriptorium ou son ch?f, qui apprécie la technique d'un atelier réputé, sollicitera, pour s'en rendre maître, l'envoi d'un modèle. Au premier cahier d'un manuscrit de l'église de Verceil, certai-