‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 501 sur 1203 · LE '( SCRIPTORIUM » ET L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

LE '( SCRIPTORIUM » ET L'ÉCOLE

Un certain Lutohoye, qui a exécuté au X^ siècle un manuscrit de Prosper, conservé à Einsiedeln et qui provient de la région, était sans doute un écolier facétieux. Après avoir prié le lecteur de demander qu'il soit donné au scribe une digne récompense, il émet le vœu qu'une fois le livre lu, les jambes du maitre soient brisées ^.

Le « magister scolae » Autricus a exécuté sur l'ordre de Gotschalk, évêque de Freisingen (9Q4-1006), plusieurs manuscrits avec l'aide de ses disciples '-. Froumundus, moine à Tégernsee, a commencé à écrire un livre, dont les « pueri », ses élèves (quos docui), ont achevé l'exécution ^. Un Homéliaire du XI^ siècle a été écrit et dédié à saint Martial, par ordre d'Airaldus. Ce volume, ajoute le scribe, sachez qu'il a été écrit par Josf reclus, qui est vôtre et qui, enfant, porte l'habit monastique. Il s'agit sans doflte d'un oblat, instruit dans l'école monastique et qui, sous la direction du maître du scriptorium, s'est livré à cet exercice calligraphique*. Quant au « scolaris » Arnoldus, qui écrit à Prûm, en 1084 ^, il est sans doute l'écolâtre et non pas un écolier s' exerçant à écrire.

Même éducation était donnée aux jeunes filles dans les monastères de femmes. Harlinde et Reine ont été instruites à \^alenciennes à écrire et à peindre ^.

§ 3. — La formation des scribes.

Les jeunes clercs ou moines se forment à l'art de la calligraphie et de l'enluminure bien moins à l'école qu'à l'atelier même, sous la direction du chef du scriptorium. Le disciple lui marque parfois sa reconnaissance en lui dédiant le tra-

1. B. Einsiedeln, ms. 365 : « Lutohoye dicor qui scripsi, te peto, lector, Posnas (poscas) scriptori praemia digna dari. Perlecto libre cnu-a frangantur magistro » (Châtelain, Paléogr. class., CXC 2°, II, 27). Le ms., tel qu'il est maintenant constitué, rassemble un grand nombre de fragments pour la plupart d'auteurs profanes et paraît bien être un livxe de caractère scolaire.

2. B. Munich, lat. 6256, 6372, 6403 ; cf. Wattenbach, Das Schriftwesen, p. 441.

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