‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 509 sur 1203 · SCRIBES CONTRAINTS ET SCRIBES BÉNÉVOLES · texte numérisé non relu

SCRIBES CONTRAINTS ET SCRIBES BÉNÉVOLES

moins, soit sa volonté, soit son agrément sont souvent mentionnés par eux-mêmes sur le manuscrit qu'ils exécutent.

Il en est parfois qui remplissent leur tâche parce qu'elle leur est imposée de force. Sur un manuscrit du IX^ siècle, exécuté à Lorsch, un moine, Jacob, a apposé sa signature. Mais une autre main a ajouté en note, qu'une partie du livre n'a pas été écrite par lui, parce qu'il le voulait bien, mais par contrainte (non spontanea voluntate sed coactus). Il avait une chaîne aux pieds (compedibus constrictus), comme mérite d'être lié un gyrovague toujours prêt à fuir (sicut oportet vagum atque fugitivum vincire) ^.

La plupart des religieux obéissent (spontanea voluntate) à l'ordre qui leur attribue, au scriptorium, une tâche. Un certain nombre y sont attirés par le zèle qui les anime. Les artistes, véritables professionnels, que leur talent désigne pour y travailler à demeure goûtent la joie d'exécuter un beau travail. A peu d'exceptions près, tous accomplissent volontiers une besogne dure, difficile, mais pleine de mérite.

5. B. Vatican, Palat. 195 ; cf. Lindsay, The Lorsch scnpt., 30.

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