‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 510 sur 1203 · DES SCRIBES · texte numérisé non relu

DES SCRIBES

La maîtrise acquise dans l'art de la calligi-aphie permet au scribe, surtout si son travail a pour objet l'exécution des livres sacrés, de pratiquer le plus noble et le plus méritoire des labeurs. Alcuin l'oppose à celui du vigneron : « Écrire des livres, c'est mieux que défoncer le sol d'un plant de vignes ; l'un des travailleurs est au service de son ventre, l'autre au service de son âme » ^. L'exécution d'un livre est une bonne œuvre, car elle permettra à ceux qui sont consacrés au service de Dieu de s'édifier en le lisant. Le diacre Hildigrimus du monastère de Werden se félicite d'avoir écrit ces feuillets à l'usage des moines, pauvres du Christ, pour servir à jamais d'exemple aux bons -. L'écrivain estime avoir droit aux prières de ceux qui, en lisant, profitent de son travail et parfois, il les réclame, en déposant la plume ^.

Le scribe et le décorateur d'un livre le dédient souvent au saint, patron de l'église, à laquelle appartient l'atelier. Dans un manuscrit de Saint-Germain-des-Prés, du X^ ou XI^ siècle, un moine est figuré à genoux devant le saint ; la légende, écrite au-dessous, rapporte qu'Heldricus a dédié

1. Aie. carm., 94 : « Est opus egregium sacros jam scribere libros

Xec mercede sua scriptor et ipse caret.

Fodere quam vites melius est scribere libros,

Ille suo ventri serviet, iste anima;. » {Poelae lai., I, 320).

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