SAINT-VAAST, SAINT-AMAND, SAINT-DENIS
Il est aussi très remarquable que trois Sacra mentaires du même style aiert été certainement exécutés d'après un modèle à l'usage de Saint-Amand. L'un d'eux a été, en fait, la propriété de ce monastère ; les deux autres furent exécutés, tout en gardant les particularités propres à cette communauté, l'un pour l'église de Tournai, l'autre pour l'église de Noyon. Il est très vraisemblable que tous les trois sortent du même atelier et qu'il faut le chercher à Saint-Amand.
L'atelier de Saint-Denis a très probablement produit un Sacramentaire à l'usage de ce monastère, ainsi que la seconde Bible de Charles-le-Chauve. Que cet atelier ait été ou non par la suite le siège d'une autre école, il semble bien qu'aux environs de l'an 865, le style franco-saxon était celui des artistes qui y travaillaient.
On peut conclure que le style franco-saxon s'est formé dans la région du Nord de la France. Vraisemblablement, il a été en honneur dans plusieurs ateliers et on peut désigner notamment ceux de Saint-Vaast, de Saint-Amand, de Saint-Denis 1.
Cette école est née ou du moins s'est épanouie un peu plus tard, semble-t-il, que les précédentes. Aucun des manuscrits de ce groupe n'est daté. Toutefois, la seconde Bible de Charlesle-Chauve est certainement postérieure, on l'a vu, à l'an 866 et il se peut qu'elle ait été exécutée en octobre 870 2. A la vérité, ce manuscrit, chef-d'œuvre de l'école, n'appartient certainement pas à la période de début. L'Évangéliaire de Saint-Vaast qui est aussi une très belle œuvre et la plupart des Sacramentaires de l'école franco-saxonne sont certainement postérieurs à l'introduction de la fête de la Toussaint, puisqu'ils renferment l'Évangile ou la messe de cette fête. Les Evangiles de style franco-saxon qu'a possédés Saint-
I. Voir plus haut, p. 2;,2, 243et2io. Janitscheck(o^. cit.) désignait le style francosaxon sous le nom d'école de Saint-Denis. L'atelier de ce monastère a pu produire desœuvTesde ce style, sans en être le créateur et principal foyer. S. Denis est excentrique à la région où on rencontre la plupart des spécimens et les mieux caractérisés de cette école. On remarquera que Charles le Chauve pour qui fut exécutée la Bible de S. Denis a été en relation particulière avec les trois monastères susdésignés. Il a obtenu S. Vaast de Lothaire II en 866 (Ann. Berlin. , 82), en a gardé Je « caput » et les plus beaux morceaux et partagé le reste entre ses fidèles (p. 84). Il en fait son séjour de chasse à l'automne de 867 (p. 88), on l'y retrouve le 4 Février 872 (B. 1777) ;il y célèbre Noël en 873 (p. 125). En 867, il retient en ses mains S. Denis (p. 86) et y fait dès lors de nombreux et longs séjours. Le diplôme du 18 Oct. 867 mentionne son fils Carloman comme abbé de S. Amand {H. F., VIII, ^03). Le monastère a passé ensuite à Goziin (B. 1772, 1777) très influent au palais. Les déplacements du souverain et de son entoiurage auraient-ils contribué à transmettre de l'un à ''autre de ces ateliers la technique de l'école francosaxonne ?