CHARLEMAGNE ORDONNE DE CORRIGER LES LIVRES
Un tel souci de la correction des textes n'existait plus à la fin de l'époque mérovingienne. Au VIIP siècle encore, des livres ont été exécutés, qui sont restés émaillés de fautes, lesquelles ne portent trace d'aucune correction \ Une telle négligence devient plus rare au temps de la Renaissance Caroline et le même zèle est déployé pour la correction, comme pour l'exécution des livres.
L'ordre de corriger les livres est venu du palais. Charlemagne, à la vérité, ne commande, en 789, de purifier que les (1 libri catholici » ; ce sont les livres de la Bible maltraités par l'impéritie des « librarii » qu'il veut faire attentivement corriger ■^. Mais des Saints Livres, le souci d'obtenir un texte correct s'est étendu à tous les ouvrages d'objet sacré ou profane^.
au Xl^' siècle : < Jiilius Cclsiis v. ( . Uf;i ( rniiiiieiuarids (.esaris » (Londres B. Mus., .\ddit. 100S4, i f . Châtelain, p. .50, PI. 50 A). Le nis. lat. 5724 de la i'' décade de Tite Live, exécuté au IX«" siècle et en provenance de Corbie porte en capitale à l'encre rouge mention de la recension faite par Victorianus de la révision antérieure des Syniniaque : « \'ictorianus emendabani dominis Synimaquis » (Châtelain, II, 5, PI. 107). On la retrouve également par deux fois dans le ms. lat. 5725 de la fin du IX'' s. et, l'une des fois, avec la mention de la recension faite par Nicomaque V. c. (o^. cit., PI. 108), dans le ras. de Florenc&du X^ s. (II, 6, PI. iio) avec la mention V. c. Le même ms. a conservé les souscriptions des deux Niccmaque parents de Synunaque, qui axaient antérieurement corrigé (enienda\i) le texte revisé de nouveau par \'ictorianus. Le Valère Maxime du IX*" siècle (B. Berne, 366), corrigé par Loup de Ferrières, a conservé cette souscription : « Féliciter emenca\i, Desrriptum Rabennae, Rusticius Helpidius Dommulus v. c. » (cf. Châtelain, II, 24, PI. 181). L'n ms. de Pline l'ancien d'écriture anglo-saxonne du IX'^' siècle, aya*it appartenu à S. Denis, a conservé l'inscription " Féliciter Junius Laurentius relegi» (Châtelain, II, i"3, PI. 138). Plusieursniss.de Perse reproduisent la mention de la recension faite, en 402, par le vir clariss. FI. Julius Tryfonianus, qui a tenté d'amender le texte « sine autigrapho », à Barcelone (Rome Aich. S. Pierre H, 36, IX'' s.), qui a lu et amendé « prout potui sine magistro » (B. Médecine Montpellier, 212, 1X-X<^ s.) ; cf. Châtelain II, 9, PI. 121-2. Des mss. de Juvénal reproduisent la mention des recensions faites par Niceus, avec l'aide de son maître, le grammairien Servius (legi ego Niceus Rome apud Servium magistrum et emenda\i, B. Univ. Leyde, Leid. 82. XI" s. et B. Laurent . XXXIV 42), et par un grammairien grec Epicarpe (B. X. lat. 9345) ; cf. Châtelain, II, 12, PI. 124-5. Le ms. de Cologne 186 de r.-Vrithmétique de Boëce porte la mention « correctiim est domino suo patricio Symmacho» (Jaffé Watt., p. 77). Le ms. de Boëce (B. Orléans 267 + B. N. nouv. acq. lat. 161 1) conserve les notes de révision de Martius Novatus Renatus, v. c. ; cf. plus loin, B. de Fleury. Un ms. de Solin du XP siècle (B. Sém. Autun, 39) reproduit la note « ab ipso (Solin) editus' et recognitus » {Catal. B. dépts, in-40, I, 22). Toutes les souscriptions antiques des classiques latins ont été étudiées par Jahn dans les Berichic d. sacchs. Gescllschaji zii Leipzig, III, 1851, p. 332.
1. C'est le cas d'un ms. du VIII« s. de la B. de la cath. de Cologne 91, Jaffé, Watt., p. 35; du ms. des'« Mo'ralia » de saint Grégoire, écrit par Peregrinus à Freisingen vers 780 (Munich, 6297 ; cf. Lindsay, Collect. dans Palacogr. lat., II, 54)-
2. Capit. 789, 72 " libres catholicos bene emendate » p. 63 ; Epist. genér. : « libres (de la Bible) librariorum imperitia depravatos... examussim correximus » (p. So).