‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 588 sur 1203 · L'éloge que Winithar fait du roi · texte numérisé non relu

L'éloge que Winithar fait du roi

'( Non passus sentes mendarum serpere libris En bene correxit studio sublimis in omni » (Poetae lut., I, 90), paraît bien s'appliquer à la correction des livres en généra .

406 l'impéritie des scribes dénoncée

C'est un lieu commun de déplorer les fautes dont la négligence des scribes a chargé les anciens manuscrits. L'auteur de la vie de saint Éloi, qui écrit au IX^ siècle, observe que de nombreux volumes, et en particulier ceux des vies de saints, ont été si maltraités par leurs copistes (ita scriptorum vitio depravata), que les lecteurs « studiosi « en éprouvent du dégoût ^. Florus, envoyant sa révision des psaumes d'après l'hébreu à Hyldradus, constate que les manuscrits se distinguent les uns des autres par les fautes qu'à l'envi y ont entassées des scribes, qui dormaient en écrivant et que l'impéritie des lecteurs entretient et propage ^. Grimald, abbé de Saint-Gall, a corrigé le texte du Sacramentaire de saint Grégoire, car corrompu par la faute des copistes, il n'est plus tel que le pape l'a édité ; le lecteur s'apercevra du changement, à moins que de nouveau le texte ne souffre de l'impéritie des scribes. Grimald supplie ceux qui le transcriront d'y apporter un tel soin que les « eruditi » soient charmés et que les simples ne soient pas trompés, car, "comme l'a dit saint Jérôme, que sert de corriger les livres si la correction n'est pas préservée par la diligence des « librarii » ^. Au XI*^ siècle encore, Lanfranc entreprend la révision de l'Ancien et du Nouveau Testament parce que, écrit son biographe, les Saintes Écritures étaient corrompues par la faute des scribes *.

Les bibliothécaires prennent parfois le soin de signaler les textes défectueux qui figurent d,ans leur collection. L'annotateur du Catalogue de la bibliothèque de Saint-Galt flétrit d'une marque infamante plusieurs des livres qu'elle conserve. Tels, a-t-il noté, sont pleins de fautes et de mensonges ^. Au XI^ siècle, Réginbald, à qui on demande le prêt d'un livre, hésite à l'envoyer, parce qu'il doute que le texte en soit correct ^.

On apprécie et on recherche les livres soigneusement corrigés. Wandalbert, à Prùm, a eu l'heureuse fortune d'obtenir de Florus communication de manuscrits anciens et corrigés

1. Viia Eli%ii, Préf., SS rerum merov., IV, 665. De même, Eudes de Glanfeuil aurait trouvé d'antiques feuillets où était écrite une \-ie de saint Maur « tam inculte semiono quam vitio scriptorum depravati " (Mabillnn, A. S., I, 261).

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