Froiimundi epist., 6, Migne CXLI
CORRECTl'ON FAITE PAR LE SCRIBE 407
(veteres emendatique codices), choisis dans la collection de livres parfaitement corrects, que possède le diacre de Lyon ^.
La correction a précédé sans doute parfois la transcription. Elle est faite au préalable par le chef d'atelier sur le modèle qu'il met aux mains des scribes. Il lui appartient de ne leur donner à reproduire que des textes corrects.
Il arrive que le scribe lui-même corrige le texte fautif qu'il a sous les yeux et le redresse en le transcrivant. L'un d'eux, en offrant à un roi l'art militaire deVégéce, déclare qu'il l'a corrigé « sine exemplari », car le seul manuscrit qu'il ait trouvé était si maltraité par les fautes des scribes (vicio scriptorum ita depravatum) qu'il en devenait inintelligible ^. Un scribe du XI** siècle écrit qu'après avoir beaucoup hésité, il a exécuté une copie de Plante, n'ayant sous les yeux qu'un exemplaire plein de fautes ; il s'est efforcé du moins de n'en pas ajouter d'autres, crainte qu'issu d'un père fautif, ce livre le soit plus encore (et liber hic falso pâtre falsior esset) ^.
C'est d'ailleurs surtout sur la copie exécutée par le scribe, que s'exerce la révision. Quelquefois lui-même "corrige son travail en même temps et à mesure qu'il l'exécute. Un copiste soigneux qui, sitôt qu'elle est commise, s'aperçoit d'une erreur imputable au modèle incorrect ou à sa propre distraction, fa répare aussitôt en effaçant le mot ou les mots fautifs, puis continue la transcription *. On admirait, à Saint-Gall, la maîtrise de Sintram, à qui pour ainsi dire, jamais n'échappait une erreur (mendacium) de transcription, sur laquelle il dût faire passer le racloir °. Une miniature du X^ siècle représente un Évangéliste écrivant sur une bande de parchemin tendue sur un pupitre. La main gauche maintient la feuille sur le support, au moyen d'un instrument qui paraît être un grattoir ^. Les scribes s'en servaient peut-être, à l'occasion pour fixer le feuillet sur lequel ils traçaient les caractères et, s'il était besoin d'en effacer, avaient ainsi l'instrument en mains.
Plus souvent, le scribe corrige son travail quand il est terminé, en relisant le manuscrit. L'auteur de la vie de saint Éloi adjure celui qui, par amour pour le saint, voudra la transcrire (exemplare voluerit), de collationner soigneusement sa