UNE OU PLUSIEURS RÉVISIONS
sur saint Luc, exécuté à Corbie sous Leutcharius ^. Un exemplaire de Pline l'ancien, exécuté à la fin du IX^ siècle et qui appartenait à Corbie, a été transcrit par un copiste, qui écrivait au commencement du X^ siècle. Or cette copie a été faite avant que le texte du modèle ait été corrigé ; elle reproduit les fautes que celui-ci présentait avant d'avoir été revisé à une date nécessairement postérieure à cette transcription ^. Des lacunes, que présente un manuscrit d'Ovide du IX^ siècle, ont été comblées, au XII^, par des additions apposées dans la marge ^.
Au reste, même quand il a été corrigé soit par le scribe, soit par le lecteur, qui a revu aussitôt son travail, un manuscrit peut l'être plusieurs fois encore. Beaucoup portent des corrections dont l'écriture différente de l'une à l'autre accuse des âges fort divers.
Un correcteur ne procède le plus souvent sans doute qu'à une seule lecture. Sur un manuscrit il est inscrit « emendavi semel » * ; ce manuscrit n'a été revu par le correcteur qu'une fois. La lecture est faite aussi assez souvent à plusieurs reprises. Une note, apposée en marge d'un manuscrit : « legi, legi, legi ", .^ semble bien indiquer qne le même correcteur l'a revisé par trois fois. On a vu qu'à Cluny, Albert a relu deux fois la Bible qu'il avait exécutée, que l'auteur d'un Sacramentaire prie ses confrères d'amender son travail jusqu'à sept fois ®.
Le lecteur mentionne souvent sur le manuscrit la révision qu'il en a faite '. Quand il l'interrompt, il signale la place ou il l'arrête. Il a relu et corrigé jusqu'à cet endroit ®.
1. Cf. Lindsay, The old script of Corbie, p. 406-7; Dobiash, Hist. atelier Corbie,
2. B. Levde, Lipsii 7, reproduisant le ms. de la B. X. 6796 qui provient de Corbie ; cf. Châtelain, II, 14, PI. 142.
■ . B. X. lat. 8242, fo 70 ; Châtelain, Paléogr. class., II, i, PL 91.
j. B. X. 9533, Lindsay, Collect., Palaeogr. lat., II, p. 10.
5. Voir Lindsay, p. 11, qui n'indique pas à quel ms. est fait cet emprunt.