TEXTE PRIMITIF DISTINGUE DES ADDITIONS
Grimaldus et Tatto adressent à Réginbert un exemplaire de la règle de saint Benoit, où le sens, les syllabes et jusqu'aux lettres sont restitués, tels que le saint les a mis en ordre. Cet exemplaire reproduit en effet un manuscrit qui, croient-ils, a été copié directement sur celui que Benoit a exécuté de ses propres mains ^. Le texte reçu comporte des « verba » qui, suivant l'opinion de plusieurs, ne sont pas de saint Benoit. L'exemplaire envoyé à Réginbert fait figurer ces additions, empruntées à des manuscrits corrigés par des maîtres contemporains, mais on a pris soin de les distinguer du texte authentique, en les renvoyant dans la marge et en les marqiiant par deux points ". Au contraire, des parties de l'œuvre de saint Benoît ne se retrouvent pas dans les manuscrits actuellement en circulation. Elles ont été consignées dans cet exemplaire^ et signalées par un « obelus » et par deux points ^.
§ 3 — Comment sont faites les corrections ; signes,.
CRITIQUES, annotations ET GLOSES.
Les corrections d'un manuscrit sont faites de diverses manières qu'un même correcteur emploie parfois toutes successivement. Quelquefois, il efface les mots fautifs et écrit en place la bonne leçon ^ ; ou bien il écrit celle-ci en surcharge au-dessus d'un mot qu'il fait ainsi disparaître ^. Souvent, la correction est interlinéaire ; c'est presque toujours le cas, quand le scribe a laissé tomber une lettre ou une syllabe d'un mot 6'. Ou bien la correction est marginale ; le terme vicieux du texte est souligné d'une série de points et la bonne leç on est donnée en marge ^ La correction est parfois aussi faite
1. «sensibus et syllabis necnon etiam litteris a supradicto pâtre, ni fallimur, • ordinatis minime carentem, q^ae de illo transcripta est exemplare, quo ex ipso exempîatum est codice, quem beatus pater sacris manibus suis exarare curnvit " (Migne, CXXI, ccl. 225).
2. « llla ergo verba quae supradictus pater secundum artem, sicut ncnnulh autumant, in contextu regulae hujus non inseruit, de aliis regulis a modernis rorrettis magistris colJeximus et in campo paginulae e regione cum duobus punctis inserere curavimus » (col. 926).
3. « Alia etiam quae a Benedicto dictata sunt et in neotericis minime in\-eiita, obelo et punctis duobus consignavimus » (loc. cit.).
4. Voir l'étude faite par M. Beeson du système de corrections pratiqué par Loup, de Ferrières, p. 45. Le procédé peut être aussi pratiqué par un faussaire, voir plus loin, p. 420. #