ANCIENS MANUSCRITS TARDIVEMENT ACQUIS
du VHP siècle à des églises des Gaules, il apparaîtra que les bibliothèques ecclésiastiques ont conservé un nombre considérable de livres antérieurs à l'époque carolingienne. Ceux qui subsistent ne représentent vraisemblablement qu'une part de ceux dont elles étaient pourvues au commencement du VIII^ siècle ; une autre part a sans doute péri depuis lors. Même si une église a acquis plus tard tels dé ces très anciens manuscrits, il est probable qu'à peu d'exceptions près, ils appartenaient déjà au VHP siècle à une autre église des Gaules. Ceux qui provenant d'Italie ^, d'Espagne ou des Iles - ont pu n'entrer en possession de ces églises qu'aux VIII^ ou IX^ siècles, s'ils ne peuvent être mis au compte des livres dont les églises franques étaient pourvues avant la renaissance carolingienne, appartiennent au contingent considérable venu des pays étrangers qui ont collaboré à ce mouvement.
1. Parmi les mss. anciens possédés par le monastère de Corbie, plusieurs viennent rertainement d'Italie et \Taisemblablement en ont été apportés au cours du VIII* siècle. C'est le cas du ms. Leningrad, Q v. I, 3, renfermant des opuscules de saint Augustin en onciale du V* siècle (plus haut, p. 38, n. 10) qu'on a cru sur la foi d'une souscription prétendue autographe d'Augustin lui-même, provenir d'Afrique, mais qui paraît plutôt, en raison des gloses grecques et latines, avoir été exécuté en Italie. Il a peut-être appartenu à la bibliothèque de Vivarium et n'aurait été transporté en Gaule qu'à l'époque carolingienne (cf. Dobiash, Hist. atelier Corbie, p. 11 1-2). Ce serait aussi le ras de la version antéhiéronim. des Évangiles. B. N. lat. 1725, citée p. 38,n.4,(cf.Dobiash,p. 5i)etdurecueilde canons (B. N. lat. 12097, Dobiash, p. 52). De même, le ms. Q v. 1,6- ro (plus haut p. 38 n. 9) a dû être exécuté en Italie au VI'' siècle. Il aurait appartenu aussi à la bibliothèque de A'ivarium, renfermerait peut-être un autograplie de Cassiodore et au VII1« siècle serait parvenu à Corbie où ont dû être écrites des gloses de cet âge en précarolinc (Dobiash, op. cit., p. 114 et Specidiim, 1930, p. 34). Le « codex Puteanus » de Tite Live (B. N. lat. 5730 plus haut, p. 38, n. 6) vient cert.ainement d'Italie, comme le montre la mention « Abellini 1) qui suit trois fois la mention « recognobi n, apposée neuf fois dans le ms. Delisle, qui avait cru d'abord y reconnaître le nom du scribe (B. Ec. Chartes, 1800, p. 403-4), a pensé ensuite que le terme désignait le lieu où a été faite la collation (Cab. des mss., II, 135), qui paraît être Avellino, et en tout cas se rapporte à une localité d'Italie. Toutefois le ms. appartenait déjà à Corbie quand U fut empnmté au VIII® siècle par les scribes de Saint- Martin de Tours, qui l'ont copié à cette époque. Le « De ci\-itate Dei » en semi onciale (Leningrad, Q v. I, 4, et B. N. lat. 12214) se trouvait à Corbie dès le VP siècle, comme l'atteste une souscription du f° i du ms. de Paris (Dobiash, p. T37).
2. Le ms. en onciale de Corbie, Job et gloses, (Leningrad F v. I, 3 A) de la fin du Vile ou du Ville siècle, ou bien vient d'Angleterre, ou bien a été exécuté à Corbie par un scribe anglo-saxon (Dobiash, p. 121),