CHAPITRE IV
L'apport des pays étrangers du VHP au XIP siècle
Un important apport de l'étranger a compensé pour une part la pénurie de livres dont souffraient les églises et les monastères de l'ancienne Gaule au temps où commence la Renaissance Caroline. C'est à cet instant surtout' que s'est produite cette importation ; toutefois elle a préludé plus tôt, se poursuit après le IX^ siècle et n'a jamais cessé tout à fait. Au cours des trois siècles qui suivent le temps où Alcuin puisait dans les bibliothèques d'outre-mer, des manuscrits venus d'Irlande, d'Angleterre, d'Italie, d'Espagne continuent d'apporter une contribution précieuse tant aux collections de livres formées par les églises des Gaules qu'à leurs ateliers de scribes.
C'est seulement aux régions sises par delà la Manche les Alpes et les Pyrénées que l'ancienne Gaule peut, au VHP et au début du IX^ siècle, demander des hvres. Ces pays-là seulement méritent d'être qualifiés d'étrangers. Les éghses nouvelles fondées dans les régions transrhénanes ne pouvaient à cette époque renvoyer à la Gaule que ce qu'elles-mêmes avaient reçu, soit d'elle, soit des pays msulaires ou d'Italie. Au reste, même au temps où la Germanie produit des œuvres originales, comme celles d'un Raban Maur, dont les bibliothèques des églises des Gaules voudront s'enrichir, on ne peut considérer cet apport comme étranger, car, de part et d'autre du Rhin, la culture est commune et le mouvement d'échanges qui s'étabUt, doit être considéré comme intérieur aux pays francs.
Il est venu du dehors des Hvres qui portent la marque de leur origine et qu'il est facile de distinguer de ceux que produisent les scribes de Francia. Toutefois, les pays voisins n'envoient pas seulement des hvres ; il en vient aussi des