EMPRUNTS DE LIVRES A COPIER
piques et un Commentaire sur les Topiques de Cicéron. Il a remis en gage deux volumes plus précieux encore : la Rhétorique de Cicéron et le Commentaire de Victorinus. S'il ne restituait pas les premiers, Notker qui a été l'intermédiaire, retiendrait ceux du monastère de Reichenau ^. En 1074, Marianus Scotus écrit sur un livre qu'il a exécuté à Ratisbonne : « Que jamais ce manqscrit ne soit prêté au dehors pour être transcrit (ad transcribendum), sans remise d'un gage » ^. Fulbert de Chartres, à la demande d'Hildégarius, écolâtre de l'église de Poitiers, lui adresse Cyprien, Porphyre, les Vies des Pères avec un Psautier ^. Le lot de livres envoyé paraît être, à la vérité, plutôt un présent personnel ; il n'était pas expédié tout entier afin que copie en fût prise, car on disposait évidemment à Poitiers d'un Psautier ; mais il n'en est peut-être pas de même de Porphyre et du recueil des Vies des Pères. C'était vraisemblablement pour en prendre copie que de toutes parts, à en croire le chroniqueur de Saint-Martin de Tournai, on empruntait des livres à la riche bibliothèque de ce monastère *. Ponce, moine de Ripoll a fait parvenir en fraude à un religieux d'un autre établissement des « quatemiones » précieux, qu'il le presse de faire transcrire et de restituer au plus tôt (quantocius transcribatis et remittatis), car luimême est pris à parti pour cette communication irrégulière ^. Dans une formule du XP siècle, un moine prie un confrère d'un autre monastère de lui envoyer les Tusculanes de Cicéron pour en prendre une copie au profit de ïarmarium de son rnonastère. S'il possède quelque livre que son correspondant désire, il s'empressera en retour de le lui adresser ^,
Vraisemblablement, dans les bibliothèques fondées ou reconstituées tardivement, comme celles de Cluny au cours du Xe siècle, de Saint-Bénigne de Dijon, de Saint-Laurent de Liège au XP, ont pris place nombre de manuscrits copiés dans le monastère sur des exemplaires empruntés au dehors. Un manuscrit de Cluny du X^ siècle, renfermant le traité de saint