‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 64 sur 1203 · SCRIBES ET MANUSCRITS IRLANDAIS · texte numérisé non relu

SCRIBES ET MANUSCRITS IRLANDAIS

A la vérité, la parenté des deux écritures irlandaise et anglo-saxonne laisse planer parfois l'incertitude sur l'une ou l'autre origine d'un manuscrit encore conservé aujourd'hui et où apparaît nettement l'empreinte insulaire. Mais dans la plupart des cas, il est possible de se prononcer en faveur de l'une ou de l'autre et le nombre des manuscrits identifiés comme irlandais provenant de bibliothèques du continent est important. En outre, les catalogues anciens des bibhothèques de l'ancienne Gaule signalent un certain nombre de livres exécutés en scriptura scottica ou scriptura tunsa. D'ordinaire, les gens du continent donnaient à l'écriture irlandaise le nom de scriptura scottica. L'expression scriptura tun^a était employée plutôt par les Irlandais eux-mêmes ^ et signifiait aussi l'écriture qui leur était famihère 3.

C'est surtout au sujet des manuscrits d'écriture irlandaise ou renfermant des textes de langue irlandaise, qu'il y a lieu souvent de se demander s'ils ont été importés des régions insulaires, ou exécutés par des pèlerins dans les scriptoria du continent. Par ces deux voies, importation de livres et exécution de manuscrits par des Irlandais itinérants,^ l'mfluence irlandaise agit sur la formation des bibliothèques ecclésiastiques franques.

Elle se manifeste aussi par l'initation que pratiquent les scribes continentaux, soit des formes ou des abréviations propres à l'écriture irlandaise, .^oit du style ornemental des manuscrits enluminés en Irlande. La présence de manuscrits irlandais empruntés ou conservés par les églises et monastères du continent, cel'e de scribes scots enseignant autour d'eux leur méthode de travail expliquent l'apparentement de manuscrits certainement exécutés en Gaule à l'époque carohngienne avec ceux de l'Irlande.

Parmi les livres qui ont été envoyés, apportés ou copiés sur place par les Irlandais, figurent en particuher des Pénitentiels et des ouvrages de grammaire. Les Pénitentiels irlandais se sont répandus en très grand nombre en Gaule * ; la plupart sans doute sont des copies faites de manuscrits irlandais, par des scribes continentaux, mais ces copies ont

1. Cf. Gougaul, Uœuvre des ScnUi dans VEnrobe continentale, R. hist. ceci., 190P.

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