STABILITÉ DES COLLECTIONS ECCLÉSIASTIQUES, MONASTIQUES
tent, toujours aptes à recevoir les dépouilles que laissent après eux des collectionneurs éphémères.
Les propriétaires à titre personnel d'une collection de livres ne sont pas exclusivement des religieux et des clercs, mais ceux-ci forment la majorité. Parmi les laïques, l'instruction qui permet l'usage des livres n'est répandue qu'au palais et parmi les grands. En dehors des rois, des princesses et de l'aristocratie, à laquelle appartiennent un Éverard, un Nithard, un Einhard, les Welfs, les Robertiniens et un certain nombre de grandes familles, il n'y a de culture que chez les clercs. La majorité des livres possédés alors en propre, qui forment les collections proprement dites d'une élite ou se trouvent répartis en petits lots, ne comportant souvent qu'un seul livre, parmi de petites gens, sont aux mains des prélats, de clercs ou de moines. Ces livres sont ainsi très proches de ceux que garde Varmarium des églises, si proches qu'ils finissent presque toujours par les rejoindre.
C'est le plus souvent dans leurs collections personnelles que puisent les bienfaiteurs laïques et ecclésiastiques d'une église, quand ils lui offrent des livres et, bien souvent, ces collections sont toutes entières plus tard recueillies par elle, à la mort de leur propriétaire. Si celui-ci est un roi ou un grand, il donne ou lègue ses livres à une ou plusieurs églises favorites. Un évêque les destine à son église ou aux monastères de l'évêché, un abbé au monastère qu'il gouverne, les clercs et les moines à leur propre église. Des mains des particuliers, qui ne les ont possédés qu'un court espace de temps, les livres sortis à peu près exclusivement des églises reviennent aussi finalement vers elles. Ce qu'ont produit les scriptoria eccléssiastiques est tôt ou tard recouvré par des bibliothèques d'églises.
§ 6. — Petit nombre des collections laïques, grand nombre des collections ecclésiastiques.
Au reste, si des collections appartenant à un individu, on distrait celles que forment évêques, abbés, clercs et moines, lesquelles sont presque infailliblement recueillies par leur propre église, il n'en subsiste, aux mains des rois et des grands, qu'un fort petit nombre, qui contraste avec le grand nombre des collections d'églises. Maints princes ou grands, à cette époque, se sont sans doute assez peu souciés des livres et ont pu s'en passer. La bibliothèque d'un établisse-