‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 670 sur 1203 · CHAQUE ÉGLISE OU MONASTÈRE POSSÈDE UNE BIBLIOTHÈQUE · texte numérisé non relu

CHAQUE ÉGLISE OU MONASTÈRE POSSÈDE UNE BIBLIOTHÈQUE

ment religieux, au contraire, en est une part essentielle. Si maigre que soit peut-être sa collection de livres, on peut tenir pour certain qu'il en existe une dans chaque église. La Règle de saint Benoît impose plusieurs heures de lecture chaque jour à chaque moine et ordonne de distribuer à chacun, lors du Carême, l'un des livres de la bibliothèque ^. Les «cellae» des monastères -, les églises rurales elles-mêmes ^ sont au moins pourvues des livres liturgiques indispensables et parfois de quelques autres encore.

Quand une églies nouvelle est fondée, sa bibliothèque est créée en même temps que l'établissement lui-même. Pirminius, en érigeant le monastère de Reichenau, lui constituait une bibliothèque de cinquante manuscrits. Son successeur Etton, qui envoie trois colonies de ses moines à Murbach, Pfeffers et Altaich, attribue à chacune un lot de livres *. Le duc Guillaume fondant le monastère de Gellone lui fait apport d'un certain nombre de livres. Cluny a eu, dès sa création, une bibliothèque. Il en est ainsi chaque fois qu'un établissement nouveau apparaît. Au XP siècle à Saint-Évroult, au Bec, à Saint-Laurent de Liège, des livres sont réunis en même temps que les premiers habitants du cloître.

Lorsqu'un monastère est l'objet d'une restauration, on reconstitue en même temps sa bibliothèque. On voit les moines de Saint-Riquier, sitôt qu'ils reprennent possession,

1. .-Vrt. 48 n accipiant ornnes singulos codices de bibliotheca ».

2. La cella de Fcrestmontier qui dépend de Saint-Riquier, possède cinquante et un livres (Chron. CentuL, III, 3, p. 95), qui évidemment ne sont pas tous des livres liturgiques. Celle de Bourecq dispose seulement d'un missel, d'un lectionnaire, d'un antiphonaire, d'un homéliaire, d'un passionnaire et d'un psautier floc. cit.). Celle d'.\lbert en plus de 3 livres servant à l'autel possède six livres de l'Ancien Testament (p. 97). Le petit monastère Saint- Michel dans l'île de Staffelsee possède 17 volumes, livxes liturgiques, textes scripturaires, homélies de s. Grégoire, commentaire de s. Jérôme sur s. Mathieu (Brevium exempta, 5, Capit., I, 251).

3. Hincmar charge les doyens d'examiner dans chaque église « quos et quot libres habeat » {Capit. quitus de rébus... decani inquirere debeant, 5, Migne, CXXV, 778) ; il interdit aux prêtres de mettre en gage aucun livre ecclésiastique {Capit. presbyteris data, 11, col. 775) ; il veut que chaque prêtre lise et comprenne bien les quarante homélies de s. Grégoire (8, col. 774), ou\Tage qu'il estime sans doute devoir être à la disposition du prêtre dans chaque église. Riculfe, évêque de Soissons, ordonne à chacun de ses prêtres de se procurer un Missel, un Lectionnaire, un « Evangelium » un Martyrologe, un Antiphonaire. un Psautier et le livre des 40 homélies de s. Grégoire. S'il ne peut avoir la Bible complète, du moins « Genesim... sibi correcte transcribat » {Statuta, 6 Migne, CXXI, 17). Vers 1036, un prêtre donne à S. Victor les prémices, l'offrande «et cimiteriumet libros » d'une église {Cart. S. Victor, 668, I, p. 14). Vers 1056, il est convenu qu'un prêtre à qui est accordée toute 1 offrande de son église, devra l'orner « libris et vestimentis etluminaiibus » (Cart. S. Aubin d'Angers, 219, t. I, 255).

4. Chron. d'Oheim, Lehmann, Die mittelalterl. B. Katal. Deutschlands, I, 43, p. «33-

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