‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 767 sur 1203 · Publiée par Boutillier, p · texte numérisé non relu

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538 LIVRES DE l'abbé rostaing

chacun un volume. Parmi ces ouvrages, il en est un petit nombre qui doublent ceux que possède déjà Varmarium^ ; mais Saint-Cyr s'enrichit de nombreux livres qu'il n'avait pas, le Commentaire de Rémi sur Donat, deux traités de Rhétorique, la Rhétorique à Herennius que le Catalogue attribue à Cicéron, les Catilinaires (Cicéro Invectivarum), deux Juvénal complets, alors que Varmarium n'en possédait que deux cahiers, un Lucain entier en plus des cinq cahiers déjà possédés, un Homère latin, un Salluste, un Macrobe, un Avianus et deux exemplaires de Prosper, les Hymnes de Prudence dont Varmarium ne possédait que la Psychomachie, les vers d'Alcuin adressés à Charlemagne, une « expositio « de Boëce sur les Catégories, des « Topice differentie », des « quaterniones « sur la dialectique et une « Dialectica », le « De partibus » d'Isidore, le « De ortographia » de Bède, un livre de géométrie avec figures (liber figuratum geometriae), un yiumerus et une tabula abbaci, un astrolabe, la musique de Boëce.

La série d'histoire et hagiographie s'est accrue des Gesta Longobardorum avec la Vita Apollonii, des Passions d'Austremoine, de Savinien et Potentien. Des livres de théologie que Yarmariimi ne possédait pas, figurent aussi dans la collection, le « De baptismo » d'Augustin, le livre d'Ambroise contre les Ariens, les lettres de Jérôme au pape Damase, les cinq livres des « Moralia in Job », et une « Pars registri », qu'il faut sans doute entendre d'une part des lettres de saint Grégoire, le « liber Isidori junioris », le « De transitu sancte Marie », et en outre trois « expositiones » sur Isaïe, les Cantiques des Cantiques, les Épîtres canoniques.

La liste des livres de l'abbé Rostaing ne comprend pas de livres servant au ministère de l'autel ; mais une liste de vêtements et autres objets liturgiques, qui a été ajoutée au bas du même feuillet, se termine par la mention de deux petits textes en argent des Évangiles, et d'un Lectionnaire également écrit en argent.

Au Xle siècle, par conséquent, l'église de Nevers était en possession de quelque deux cents livres que nous font connaître ces deux Catalogues.

Ni les Évangiles d'Hériman, ni le psautier hébraïque qui sont conservés en provenance de cette église ne figurent sur ces listes. Nous ne savons si le manuscrit de la fin du IXe

I. A savoir Porphyre, Aristote, une arithmétique, le coinput aver martVTologe.

BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉGLISE d'AUXERRE 539

siècle qui renferme des tables de cycles et des Annales peut être identifié avec l'un des trois computs du Catalogue ;. il contient aussi des œuvres de Bède et de Paulin d'Aquilée. Le Sacramentaire qui subsiste, du X^ siècle, est peut-être compris parmi les Missels signalés ; mais ce n'est sans doute pas le cas du Sacramentaire qu'a fait exécuter Hugues le Grand au XP siècle. Le Graduel exécuté aussi au temps de cet évêque n'apparaît pas sur ces listes ^. Il est aussi très probable que la série des livres de doctrine qu'indique le Catalogue « de armario », est incomplète. Une église si bien pourvue en toute autre sorte de livres a dû être beaucoup plus riche en ouvrages « de divinitate ».

Nous savons qu'au IX^ siècle à Auxerre, l'évêque Héribaldus (828-57) était en correspondance avec Loup de Ferrières qui lui communiquait des manuscrits. Il a pu sans doute ainsi se procurer le Commentaire de saint Jérôme sur les prophètes et un Jules César. Il subsiste deux manuscrits qui furent offerts par cet évêque sur l'autelde Saint- Etienne et qui par la suite sont entrés, l'un dans la bibliothèque de Marmoutier, l'autre dans celle de Saint-Gall. L'évêque Wala (873-9) était toujours en quête de livres et sitôt qu'il apprenait qu'un livre pouvait être acquis en quelque endroit, s'en assurait la possession ^. Ne serait-ce pas lui qui aurait fait l'acquisition du Psautier carolingien exécuté, semble-t-il, dans le Soissonnais et qui dans tous les cas se trouvait à Auxerre à la fin du IX^ siècle ^ ? Deux manuscrits de Virgile, avec gloses du IXe siècle proviennent aussi peut-être d'Auxerre-*, soit de la cathédrale, soit de Saint Germain.

L'historiographe des évêques nous apprend que, sous Héribert, c'est-à-dire à la fin du X^ et au commencement du Xle siècle, l'église fut dépouillée de beaucoup de ses ornamenta, qui étaient très abondants tant en li\Tes de beau-

1. Voir sur ces livres plus haut, p. 123 et Boutillier, Le trésor de la cath. de Nevers, p. 253-6.

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